‹ Mémoires de Roger de Rabutin, comte de BussyChapitre 18 sur 108 · DÉMÊLÉS DE BUSSY AVEC VIBRAIS · texte numérisé non relu

DÉMÊLÉS DE BUSSY AVEC VIBRAIS

rue. Comme ce gentilhomme sortoit de mon logis, un garde des maréchaux de France y entra de leur part pour se tenir auprès de moi, et le lendemain ils nous firent embrasser, en lui ordonnant de me venir rendre visite].

[Le marquis de Vassé, son parent et qui étoit un des principaux à raccommodement , me l’amena et après les premières civilités m’ayant tiré à part , il se voulut justifier à moi du rendez- vous que le gentilhomme de Vibrais et le garde des maréchaux s’étoient donné chez moi, me disant que ce procédé avoit été concerté dans une assemblée de famille , pour sauver en quelque façon l’honneur du pupille. Je lui dis que je tenois sa réputation égale devant et après le procédé, et il en convint avec moi. ]

[ La lettre de Vibrais ne paroît qu’une bagatelle , mais par la suite c’est un événement de conséquence. Ce sont de ces débuts dans le monde dont un jeune homme ne se relève jamais à moins que de faire des actions extraordinaires, et Vibrais n’en fit point depuis.]

Mais pour en revenir au siège de Lamotte-au-Bois , ce fut Castelnau qui le fit avec des troupes détachées de l’armée ; on rasa cette place aussitôt qu’elle fut prise , et le 14 septembre le maréchal ayant nouvelle que les ennemis étoient campés à Vourmont et à ÉclesbergQ ) , partit de Merville et marcha en diligence à eux. Voici l’ordre de la marche du 14 septembre, partant de Merville pour aller aux ennemis.

Deux gardes ordinaires de cent chevaux.

Deux cents mousquetaires commandés avec une charrette d’outils.

Quatre escadrons de grande garde , dont le dernier sera Vaubrun.

Cinq cents mousquetaires , savoir : trois cents de la pre-

(1) Wormhout.— Ekelsbeke.

mière ligne et deux cents Anglois de la seconde commandés par un mestre de camp.

Les dragons du maréchal de la Ferté à la tête de la première ligne de cavalerie de l’aile gauche , dont le dernier escadron sera un Lorrain.

Six pièces de canon et leurs munitions, ensuite les gardes françoises suivies des gendarmes.

Après cela, la seconde ligne de l’aile gauche de cavalerie , dont le premier escadron est du régiment Cardinal et le dernier est un Lorrain.

Le reste de l’ infanterie de la première ligne.

Le gros canon et les munitions.

Toute l’infanterie angloise.

Le corps de réserve commandé par le comte de Lislebonne, dont le dernier escadron sera Nanteuil.

L’infanterie de la seconde ligne, à la réserve d’un bataillon qui restera à la queue du dernier régiment de la seconde ligne, qui est Hocquincourt.

La première et la seconde ligne de l’aile droite.

Un bataillon qui sera à la queue d’Hocquincourt.

Tous les cheva.ux de trousse marcheront derrière deux escadrons, qui seront Rochepaire et Melin.

Ensuite marcheront toutes les troupes du maréchal de la Ferté , et puis tous les chariots et charrettes qui seront escortés par trois bataillons des troupes de la Ferté et sept escadrons de Turenne commandés par Podevils , et sur le tout Pardaillan, un des lieutenants généraux de l’armée de la Ferté.

J’ai voulu mettre ici cet ordre de marche allant aux ennemis , pour montrer comment cela se faisoit dans un pays couvert et dans des chemins bordés d’ouatergans [i) à droite et à gauche.

(1) Watergans, fossés pleins d’eau.

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