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l’écrivit au Sénat et le cardinal fut aussitôt chassé de Gènes.
Leroi étoit alors non-seulement absolu dans ses États, mais il donnoit encore la loi à tous ses voisins , et il n’y en avoit point qui n’appréhendât de lui déplaire.
11 y eut au pont de Beauvoisin une conférence entre le duc de Créquy et l’abbé Rasponi; mais elle fut rompue sans pouvoir rien conclure.
Six jours après l'arrivée du cardinal d’Est à la cour, je reçus cette lettre de Mademoiselle :
A Saint-Fargeau , ce 18 février 1063.
Toutes les relations que l’on m’a faites de l’assemblée en masque m’ont tellement plu, et cela nva paru si divertissant et particulièrement ce que vous m’en avez écrit, que je crois que s’il avoit fait un beau temps aussi bien qu’il en fait un fort vilain, je serois allée à celle dont vous me parlez qui sera à la mi-carême; mais comme je n’aime pas les plaisirs accompagnés de peines, attendu les neiges, je ne bougerai d’ici et garderai le désir de voir des masques jusqu’à l’année qui vient : car je pense que mon exil sera fini pour lors. Si je vous disois que j’ai vu ici des masques tous les trois jours, de différents et en grand nombre, tantôt de beaux et tantôt de ridicules , peut-être ne me croiriez-vous pas ? Cela est pourtant. Sur cette vérité, je finis.
Quelque temps après , je reçus encore cette lettre de Mademoiselle :
A Saint-Fargeau, ce 12 mars 1663.
i Je pense que le cardinal d’Est a été bien content du traitement que l’on lui a fait, car il me paroît très-bon. Il a raison de ne point prôner la guerre, cela ne conviendroit guère à un homme de sa profession.
Quant au second article de votre lettre du 28 février, je
n’ai rien à y répondre, sinon que je crois que les traîneaux étoient fort jolis.
J’espère que la première lettre que vous m'écrirez vous me manderez des nouvelles plus sûres de l’affaire du comte de Lude, que je n’ai sue jusqu’à présent.
L’histoire de madame d’Olonne ne me surprend pas, car elle est si malheureuse qu’il lui en arrive souvent. Elle a affaire à un bonhomme que Yilandry. 11 lui revaudra. Je n’en dis rien, car je serois suspecte sur ce qui le regarde. Je ne veux jamais songer à lui que pour prier Dieu qu’il le convertisse. ]
[Trois semaines après, je reçus encore cette lettre de Mademoiselle : ]
A Saint-Fargeau , ce 3 avril 1663.
J’aurois été bien fâchée que vous fussiez mort : j’aurois perdu un bon ami ; mais Dieu y a eu égard, et je crois aussi à ce que vous n’êtes pas encore assez sage pour mourir.
Je ne prends nulle part au voyage de Saint-Germain, mais bien à celui que vous ferez en Bourgogne.
[Je trouve madame de Châtillon dans un beau poste ; si l’histoire que vous me mandez est véritable, il y a bien de quoi rompre un mariage. La manière dont vous me l’écrivez me paroît plus vraisemblable que toutes les autres dont on me l’a écrite. ]
[L’accident du gentilhomme du comte de Lude est effroyable; jamais il n’y eut tant d’histoires qu’en ce temps-ci : celle de La JVlenneville n’est pas mauvaise. J’avois fort plaint Renty. Il est de mes amis. ]
Il est vrai que le monde est bien de mauvais goût de faire des combats à qui aura mademoiselle de Lausun et que l’on n’en ait point fait pour Menneville ; d’un autre côté, il y a de quoi moraliser : mais comme je ne veux fâcher personne , je diroisded’Aluyes et de Nogentque chacun est à plaindre en sa façon.
C’est que Nogent et Alltiye se battirent pour mademoi-