‹ Mémoires de Roger de Rabutin, comte de BussyChapitre 51 sur 108 · LE TELLIER · texte numérisé non relu

LE TELLIER

A Paris , ce 22 mai 1663.

Je partis trois jours après pour m’en retourner à la cour. En arrivant à Paris, j’appris que le manuscrit que pavois prêté à madame de la Baume étoit assez public. Je l’allai trouver et je lui dis ce qu’on m’avoit appris; qu’elle y prît garde, à ce qu’on m’avoit dit , parce que si cela étoit je ne pourrois soupçonner qu’elle , ne Payant jamais laissé à d’autres. Elle me répondit avec tant d’assurance et même avec tant de reproches du tort que je lui faisois, que je lui demandai pardon d’avoir osé douter un moment de sa fidélité.

Trois semaines après , je reçus encore cette lettre de Mademoiselle :

Ve mon , ce 14 juillet 1663.

Il est vrai que vous êtes bien mal averti de n’avoir pas su mon départ de Saint-Fargeau. Je croyois que madame deSévigné vous auroit mandé, comme elle m’avoit vue en passant à Beaumont. Vous seriez bien heureux si on ne vous avoit pas mandé les nouvelles de Portugal. Je crois quelles vous auront bien déplu, aussi bien qu’à moi. Ce n’est pas que je sois fâchée des avantages des Portugais , mais de la joie qu’en aura M. de Turenne. 11 ne mérite pas d’en avoir, puisqu’il

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