‹ Mémoires de Roger de Rabutin, comte de BussyChapitre 94 sur 108 · Acte de baptême de madame de Sévigné · texte numérisé non relu

Acte de baptême de madame de Sévigné

A la page 15, note 3 du tome Ier, nous avons rapporté la naissance de madame de Sévigné à Uannée 1627, date que Pon pouvoit tirer de divers passages de ses lettres et qui avoit été suivie par la plupart des biographes (Biographie Michaud, Monmerqué, etc.). C'est une erreur, et la pièce suivante, insérée dans le tome IV de la Revue rétrospective (p. 310), ne permet plus aucun doute :

Extrait du registre des baptêmes de la paroisse Saint - Paul ,

pour l’année 1626.

Février. Vendredi, 6e jour, (1) fut baptisée Marie, fille de messire Celse Bénigne de Rabutin , baron de Chantal, et de dame Marie de Coulange, place Royalle: Parain, messire Charles Le Normand, seigneur de Beaumont, maistre de camp d’un viel régiment, gouverneur de La Fère et premier maistre d’hostel du Roy; maraine, dame Marie De Baise, femme de messire Philippe de Coulange, conseiller du Roy en ses conseils d’Estat et privé.

Aventure de Bussy avec le marquis de Mauny.

L’aventure suivante, dont Bussy n’a pas dit un seul mot dans ses Mémoires, est racontée par Pabbé Arnauld ( Mémoires , année 1 639) :

« Sur la fin de la campagne, M. de la Ferté-Imbaut, depuis le maréchal d'Étampes, demeura à Châlons pour

(1) Elle était née la veille le 5 février et non pas le 6 janvier comme le dit M. Bazin ( Revue des Deux-Mondes, 15 juillet 1842, p. 331).

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commander les troupes qui étoient logées aux environs. M. Arnauld m'avoit donné la cornette de sa compagnie, celui qui l’avoit étant monté à la lieutenance que mon oncle avoit fait vaquer par sa mort ; et j’avois quitté Verdun avec lui pour le suivre au régiment. Étant venu à Châlons, j'y renouvelai connoissance avec le marquis de Mauny, fils de M. de la Ferté. Nous avions été à l'académie ensemble. Il étoit pour lors amoureux d’une dame de Châlons assez bien faite, et fort jaloux de Bussy-Rabutin qui y étoit bien mieux reçu que lui (1). Un soir que j’avois soupé chez M. son père, il me dit tout bas qu’il avoit besoin de moi, et que nous sortissions. Je le suivis, et, comme nous fûmes dans la rue, il me dit : « Allons chez madame » de...; Bussy-Rabutin y sera sans doute : je lui veux faire » quitter la place. » Je fis ce que je pus pour lui ôter ce dessein, étant fort contre mon inclination d’aller faire un vacarme chez une femme ; mais enfin, n’en pouvant venir à bout, je résolus au moins de modérer sa fougue autant qu'il me seroit possible. On nous dit à la porte que madame n'y étoit pas; mais, sans nous arrêter à cela, nous montâmes droit à la chambre, où nous trouvâmes en effet Bussy-Rabutin avec elle. Il est aisé de juger de l’embarras où nous les mîmes. Mais Bussy, avec son esprit adroit, s’en démêla galamment, et, se tournant vers elle, lui dit : «Il y a apparence, madame, que vous attendiez ces mes- » sieurs, et j’aurois mauvaise grâce de vouloir entrer dans » les secrets du fils de mon général. » En achevant ces paroles, il fit une grande révérence et, sans attendre de réponse , il sortit. Nous ne profitâmes guère de son absence; car, comme cette dame étoit piquée par plus d’une raison, il se fit, entre le marquis de Mauny et elle, une petite conversation de picoterie qui auroit pu devenir fort

(1) Voy. t. 1", p. 46 et suiv.

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