SEJOUR A PARIS
1er avril 1807.
,Pai présenté dimanche dernier à l'impératrice le buste que le roi de Napies m'avait envoyé pour lui remettre : je croyais que c'était un faune en bronze ; je le lui avais dit. 11 s'est trouvé qu'en déballant la caisse, c'était une Niobée en marbre! l'impératrice a souri de ma méprise , et a paru fort contente du présent de M. Joseph.
J'ai présidé la section du Tribunat. J'ai diné chez Regnaud de St-Jean d'Angely avec plusieurs membres de l'Institut. Il avait aussi invité les jeunes gens qui avaient été couronnés le matin, dans la séance de l'Institut, MM. Milleyoye et Satumin- Fabre. Le premier m'a paru d'une santé languissante ; il a dans les traits un air de mélancolie qui se retrouve dans ses vers.
Le soir il y a eu cercle à la cour, j'y ai accompagné la reine de Napies. Après le concert on a soupé dans la galerie, les femmes seules se mettent à table. Après le souper on se réunit dans la salle du trône. L'impératrice s'y arrête pour parler à toutes les femmes. Elle s'acquitte avec beaucoup de grâce de cette tournée d'étiquette et sait donner du prix aux mots les plus insignifians par le chai nie de l'à-propos et la bienveillance du sourire.
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JOURNAL ET SOUVENIRS a AVRIL.
J'ai vu M. Dejean directeur de la guerre , il m'a dit qu'il avait reçu dans la matinée une lettre jle l'empereur, qui lui ordonnait d'adresser des reproches au roi de Naples, pour s'être permis de composer sa* garde des compagnies de grenadiers et d'élite de l'armée française qui sont sous ses ordres, et « d'avoir réduit , par cette mesure, ces « régimens à n'être que des cadavres. »
Je pense que le roi de Naples a fort bien fait. Qn ne reçoit pas une couronne pour demeurer éternellement sujet ; et il convient à un roi d'être entouré de ses plus belles troupes.