MAI
Je suis parti de Paris le 28 avril, à deux heures, pour La Haye : j'étais le premier mai à Rotterdam. La situation de cette ville est délicieuse, son aspect est beau, ses rues d'une propreté remarquable. Nous avons pris des chevaux pour nous conduire à La Haye. la route est superbe : c'est une allée agréablement dessinée, très-ombragée sur les bords d'un canal; eUe traverse de magnifiques prairies , couvertes de bestiaux. Les yeux se reposent sur les pelouses du plus beau vert, et la monotonie d'un tableau qui offre peu de variétés , est interrompue par une multitude de petites maisons de campagne, dont l'architecture n'est pas de bon goût, il est vrai, mais qui plaisent néanmoins par une apparence de propreté qui contribue à leur donner de l'élégance.
J'ai vu bien des pays ; c'est le seul qui paraisse avoir un caractère à lui : il ne ressemble à aucun autre; c'est une conquête faite sur l'eau, et con-
servée par l'entretiep perpétuel des digues. Les habitansy sotitbien nourris, bien vêtus; et tout ce qui est confié à l'administration publique, est fait avec conscience.
Nous sommes arrivés à dix heures à La Haye, et sommes descendus au Maréchal de Turenne. Cette auberge ne mérite pas sa réputation. Nous avons mis, pour venir de Paris, soixante-huit heures. Il n'y a point de postes régulièrement établies en Hollande; chaque ville a établi un tarif différent. Il en coûte aussi cher pour se rendre d'Anvers à La Haye , que pour aller, de Paris à Anvers.
Nous avons commencé à onze heures et demie notre tournée de visites. Un bon carrosse de remise ne se trouve pas ici.
M. d'Arjuson , grand * chambellan , n était pas chez lui. Nous avons trouvé le grand écuyer, M. Auguste Caulaincourt : il nous, a très-bien reçus , et a voulu venir nous prendre à deux heures et demie pour nous mener chez le roi. Notfs avons vir ensuite M. de Villeneuve, premier chambellan de la reine. Sa femme est dame du palais; elle est fille de M. Guibert. Elle a de l'esprit, et une figure agréable : tous deux nous ont accueillis parfaitement. Nous avons trouvé le général DupoAt, ambassadeur de France; il nous a priés à dîner pour le lendemain. M. de Senegras, grand maître de la maison, n'était pas, chez lui.
M. de Caulaincdurt vint nous prendre à deux heures et demie, comme il l'avait promis, pour nous conduire au palais. Nous fûmes introduits
dans les petits appartenons du roi; mais comme le conseil d'État n'était pas encore terminé, nous attendîmes assez long-tems. L'écuyer de service, M. de JVlarmolles, que j'avais connu à Bruxelles, chez Chauvelin, nous tint fidèle compagnie. Vers quatre heures, nous fûmes introduits par un chambellan , dans le cabinet du roi. Il portait l'uniforme de ses gardes, qui est blanc, avec des revers cramoisis. Le plaisir de le voir, après une si longue absence , fut troublé par la douleur de lui trouver un visage décoloré, un air languissant , une difficulté extrême à marcher, et une plus grande encore à se soutenir sur ses jambes. Cet aspect d'un homme vivant, dont la mort a déjà pris possession, me fit éprouver une impression de tristesse dont il me fut impossible de me défendre. Elle fut si sensible que le roi s'en aperçut, et en fit l'observation à deux ou trois reprises. J'espère qu'il n'en a pas deviné le véritable motif. Il est impossible d'avoir connu le roi et de ne pas l'aimer : il possède toutes les rares qualités qui servent a constituer un honnête homme. J'avais à lui remettre une lettre du roi de Naples , et une autre de madame sa mère. Il causa longuement avec nous t et témoigna beaucoup de satisfaction de me revoir. Je lui dis que la phrase contenue dans la lettre qu'il avait adressée à la reine de Naples avait déterminé mon voyage. «Je ferai, m'a -t- il « répondu, soyez-en sûr, tout ce qui pourra dé- « pendre de moi pour être utile à Joseph : tout ce « qui m'appartient est à lui. J'ai déjà fait des ten-
« tatives pour lui faire trouver de l'argent : cela ne « sera pas aisé, car ce pays n'a jamais rien prêté à « Napoléon ; cependant je ne désespère pas encore , « et je ferai ce que je pourrai ». — Tout cela était dit avec cet accent du cœur, que la dissimulation, qui cherche à tout imiter, n'est heureusement jamais parvenue à contrefaire.
Girardin. — «Votre Majesté vient d'ouvrir un emprunt qui s'est rempli avec rapidité. C'est tout à-la-fois un glorieux résultat de ses travaux, et un éloge complet de son administration ».
Frèville. — « La postérité tiendra compte à Votre Majesté de s'être constamment refusé à la banqueroute ».
Le roi. — a J'ai eu d'autant plus de mérite qu'elle m'était ordonnée par l'empereur : il ne voulait pas se persuader qu'en la faisant, je faisais disparaître la Hollande. Tous ses capitaux eussent été sur-lechamp se réfugier en Angleterre : il y en a déjà prodigieusement, et la force des choses a établi un commerce clandestin entre l'Angleterre et la Hollande, que Ton ne peut parvenir à empêcher. Ce pays est tellement industrieux qu'il paye 1 10 millions, quoique sa population ne s'élève pas au-delà de dix-huit cent mille ames. Sa dette est de 60 millions, et il reste à peine de quoi suffire aux dépenses de l'État. Je n'ai pas ici un soldat français, mais je suis obligé d'entretenir vingt mille hommes de troupes hollandaises à la grande armée. La paix , la paix , c'est là ce qu'il faut conquérir... Le travail nuit à ma santé; vous devez me trouver bien
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changé, Girardin? je ne peux presque plus écrire. J'ai de la peine à marcher. (Il avait frotté ses jambes et ses mains pendant tout le cours de la conversation. ) Le climat de ce pays me tue; l'humidité m'est contraire. C'est bien fâcheux, car c'est la patrie de la bonne foi : il n'y a point de réglemens d administration. Un homme qui reçoit ici du pouvoir jure qu'il en fera le meilleur usage possible ; il tient parole. Leurs déclarations en matière d'impôts ne sont jamais vérifiées, et ne sont jamais trompeuses. Ce sont de vrais républicains, mais il y a encore beaucoup d'esprit de parti : il sert à les aveugler sur la manière de se juger individuellement...
« J'ai besoin des climats chauds , des eaux du midi de la France. »
Pendant que nous étions là , est arrivée une dépèche de S. M. I. , du a3. Après une longue conversation, le roi a répété qu'il dirait à M. Voot, directeur-général du trésor public , de faire trouver de l'argent à son frère.
En sortant de chez Sa Majesté , M. Poucheborne, préfet du palais , nous a dit que l'intention du roi était que nous n'eussions pas d'autre maison que la sienne , et qu'il nous invitait à loger au palais. Ceci nous fut confirmé ensuite par M. de Senegras. Au moment où nous allions nous mettre à table , la reine nous fit inviter à dîner. Il y avait à sa table un aide-de-camp du prince Jérôme, Mmc Boubers et le petit prince Louis.
La reine fut bonne et aimable comme de coutume; je lui remis des lettres de l'impératrice, de m*. u6
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la reine. «J'aime que Ton m'écrive, dit-elle, que « Ton pense à moi; on aurait bien tort de m'ou- « blier, car je n'oublie personne. Mon frère Joseph « a. dû être content de moi, car , pendant mon sé- « jour à Mayence, je lui ai écrit fréquemment; je u lui ai mandé une foule de petites nouvelles dont c< l'éloignement seul fait sentir toiit le prix. »
Après dîner, nous passâmes dans le salon de la reine. Ses appartemens sont meublés avec une grande simplicité. Il est impossible d'avoir été plus gracieuse. En sortant, elle nous engagea à prolonger notre séjour ici, et à venir chez elle tous les soirs. Avant de nous retirer, nous fumes faire visite à tous les ministres , et nous rentrâmes à l'auberge à dix heures, éprouvant le besoin de nous reposer.
Les Français qui entourent le roi se plaignent généralement du climat. Caulaincourt , dont Ja santé , n'est pas bonne, né peut le supporter.
Les grands officiers portent ici un habit vert brodé en or. Le dessin de la broderie est semblable à cekû de la maison impériale : les chambellans , . / rouge et or; les écuyers et le préfet, bleu et or.
Le grand chambellan nous a fait dire hier de nous rendre aujourd'hui, à on*e heures, dans les petits appartemens du roi, et que nous accompagnerions sa majesté à la messe; Nous acceptâmes , sans beaucoup de réflexions ,Jttais ce ne fut que le
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matin que nous nous rappelâmes que nous avions promis de nous rendre chez l'ambassadeur de France, pour aller avec lui à la cour. Nous nous y rendîmes aussitôt, pour lui annoncer que le roi avait bien voulu nous loger au palais, et que nous ne pouvions nous dispenser de nous rendre chez lui un peu avant onze heures. Le général a * paru visiblement piqué, et nous a fait sentir, qu'en notre qualité de Français, nous ne devions paraître à la cour que présentés par lui. Nous arrivâmes au palais à onze heures et quelques minutes. Le roi était déjà parti pour se rendre à la messe. On nous plaça dans la tribune des dames du palais. La musique était dirigée par Plantade, maître de chapelle. Avant la fin de la messe, nous allâmes dans les grands appartemens. Nous nous rapprochâmes du général Dupont; nous lui demandâmes de nous présenter au roi, et nous réparâmes, aussi bien que possible, le tort d'étiquette que noua avions eu vis-à-vis de lui.
Le roi nous reçut dans son cabinet. Ses grands officiers, civils et militaires, formaient un cercle dont il occupait le milieu. Il quitta sa place pour venir adresser un mot obligeant aux membres du corps diplomatique, et à ceux qui eurent Thon- ' neur d'être admis à son audience.
La cour présente un coup-d'œil excessivement brillant; les habits des fonctionnaires publics, des officiers civils , sont magnifiquement brodés. On paraît vouloir se dédommager de n'avoir jamais porté de broderies dans ce pays. Le costume
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des diplomates hollandais est remarquable par son élégance et sa richesse : il est bleu-barbot trèsclair, brodé en argent. L'ordre de Hollande est très-multiplié. Il est divisé en trois degrés : les • chevaliers, les commandeurs, et les grands cordons. Les .commandeurs portent la grande croix en sautoir.
Cette distinction a été recherchée dans un pays oà elles avaient été entièrement inconnues. La vanité existe partout où il y a des hommes réunis en société; elle est un des plus puissans moyens de les conduire lorsque Ton sait en tirer parti.
J'ai vu à l'audience l'amiral Verhuel, aujourd'hui maréchal de Hollande; c'est un homme distingué par ses talens.
A deux heures j'ai été voir le palais du Bois, situé à une très-petite demi-lieue de la ville; la situation en est agréable ; l'architecture n'en est pas remarquable; les tableaux du grand salon sont trèsestimés.
Tai vu ensuite les beaux étalons anglais qui viennent d'être achetés par M. de Caulaincourt , et qui sont destinés à former un haras que le roi doitétablirdans la Gueldre. La santé de M. deCaulaincourt qui n'a jamais été très-bonue , devient chaque jour plus mauvaise. Il ne peut s'habituer au climat; il est affligé de n'être plus compté parmi les ofûciers français. H est vraisemblable qu'il ne restera pas ici, il doit partir incessamment pour les eaux. Il fait les fonctions de grand-maréchal du palais en l'absence du général de Brocq. Son traitement est
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de quinze mille francs : il est au-dessous des dé* penses obligées. On ne lui accorde que deux cent mille francs pour les écuries , et il n'est obligé qu'à l'entretien de soixante-dix chevaux , ce qui est insuffisant pour le service. Le roi ne sort jamais qu'à deux chevaux. Il n'en fait mettre six que dans les occasions extrêmement rares. Toutes les fois qu'il sort, Técuyer de service monte à cheval et se place à la portière.
J'ai dîné chez le général Dupont où j'ai été fort aise de rencontrer M. de Souza.
Nous allâmes, en sortant de chez l'ambassadeur , prendre possession au palais de nos nouveaux logemens.
A neuf heures, nous nous rendîmes chez la reine , elle ne fit que paraître un instant dans son salon ; elle avait été toute la journée dans les larmes: le prince Napoléon , son fils, qui était indisposé, a eu aujourd'hui un mal de gorge assez violent pour qu'on se détermine à lui appliquer un vésicatoire. Ce soir il était beaucoup mieux.
J'ai trouvé chez la reine M. Després, que j'ai beaucoup connu autrefois. Il était secrétaire des commandemens du prince Louis. Le roi l'a nommé consul général à Paris. 11 a épousé une veuve assez riche. Il a de l'esprit, et du bon , puisqu'il a eu celui de s'arranger une existence agréable.
Je ne veux pas finir mon journal sans dire un mot de l'affaire qui m'a couduit ici. M. Fréville
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a vu ce matin M. Voot, directeur du trésor public. Ive roi avait eu la bonté de lui parler. L'opinion de M. Voot était que nous devions commencer par faire des démarches et qu'ensuite le roi accorderait son autorisation sur la demande des négociant. J'ai dit, ce soir, à M. de Senegras, qui a été pleinement de mon avis , que je ne partageais pas l'opinion de M. Voot, et voici pourquoi :
Un emprunt de six millions, qui serait ouvert ici, et non rempli, serait une chose désagréable pour trois personnes : le roi de N api es , celui de Hollande et l'empereur. Six millions ne peuvent sauver un état , et ne pas les trouver est une affiche de discrédit très-nuisible. M. de Senegras m'a promis de parler à M. Voot, et m'a dit que s'il n'en était pas content il s'adresserait à un autre.
« Le roi, lui ai-je dit, voulant bien intervenir «dans l'emprunt, pourrait engager sa liste civile * pour repondre du paiement des intérêts ; avant « de le lui proposer, j'ai voulu vous soumettre notre « idée afin de ne pas la produire si vous y trouvez « des inconvéniens. — Je n'en vois aucun , me ré- « pondit-il, et j'y trouve même tous les avantages « propres à calmer la défiance inséparable de tous « les possesseurs d'argent. »
LUVDI k MAI.
L'indisposition du prince Napoléon ayant pris un caractère sérieux et même alarmant, nous avons cru devoir remettre notre voyage d'Amsterdam.
DJ; STANISLAS G1KARDIN. ^07
La journée tout entière s'est passée le plus triste* ment du monde, au milieu de personnes profondément affligées de l'état du petit prince. Un courrier est parti pour aller chercher Corvisart; tous
les médecins de La Haye, d'Amsterdam, d'Utrecht ont été appelés. Les uns ont fait mettre les sangsues, les autres des vésicatoires. Depuis deux heures jusqu'à neuf, les inquiétudes ont été vives ; elles se sont calmées sur les neuf heures. Un seul médecin ne partageait pas les alarmes de ses confrères, mais un chirurgien français, appellé Giroust, a toujours persisté à dire que le prince n'en reviendrait pas. Les parens n'ont pas quitté le chevet de son lit.
— J'ai vu M. Voot à huit heures du matin ; c'est un petit homme assez vif pour un hollandais, et qui a une conversation spirituelle: « Le roi, m'a- « t-il dit, met du prix à faire trouver à son frère « six millions de florins, et m'a dit de m'en occu- « per. Je m'en occuperai aussi, du moment où ce- « lui ouvert pour le compte du roi sera fermé , et « il doit l'être samedi. Je ne vous dissimulerai pas « que ce ne sera pas une chose facile ; qu'il faudra « présenter beaucoup d'appâts aux préteurs, leur « offrir des primes, que j'appelle leurres de corrup- « tion, inconnue en Hollande jusqu'à présent. Vous « feriez bien d'aller à Amsterdam et de vous adres- « ser à la maison Hope, car si j'agissais comme di- « recteur du trésor public , je vous nuirais bien « plus que je ne pourrais vous servir. »
J'ai répondu à M. Voot qu'il devait savoir que
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j'étais venu en Hollande parce que j'y avais été appelé par le roi; qu'il mettait un tel prix à faire trouver de l'argent à son frère qu'il consentait à cautionner l'emprunt, o Le roi de Naples, ai-je «ajouté, ne veut emprunter que six millions; « cette somme ne sauve pas un État , mais ce qui « lui nuit, c'est de prouver qu'il ne jouit d'aucun « crédit. Vous sentez combien il serait désagréable « pour le roi de Naples , pour celui de Hollande , « et même pour l'empereur , si on ne pouvait réus- « sir à se procurer ici une aussi modique somme. « D'après ces considérations, je n'agirai pas sans « avoir la certitude du succès. Pour vous , monte sieur, faites des démarches comme directeur du « trésor ou comme particulier, mais faites-en qui « aient pour résultat une détermination positive, car « ce qu'il m'importe c'est de savoir à quoi m'en te- « nir. Si vous me dites : Vous ne -trouverez pas d'ar- * gent ; je repars et je serai censé être venu ici pour « savoir des nouvelles de la santé du roi. — Je crois, « monsieur, reprit M. Voot, que vous vous eu proie curerez sans avoir même besoin de recourir à la « caution du roi , j'avoue que ce moyen me répu- « gne, car j'ai de l'intérêt à ménager jusqu'à son « crédit personnel. — Je ne vois pas comment ce « cautionnement pourrait l'altérer, lui dis-je à mon « tour; il ne prouve autre chose si non ie désir de « faire réussir l'emprunt par tous les moyens qui « sont en son pouvoir. Il faut écarter, dans cette « circonstance, les combinaisons financières, pour « s'élever à de plus hautes considérations politi-
« ques. Il est utile, à l'intérêt des nouvelles dynas- « ties , que les sages Bataves prouvent à l'Europe « de la confiance dans la stabilité des nouveaux « gouvernemens; sous ce rapport vous êtes appelé « à rendre un immense service à la famille impé- « riale; l'influence dont vous jouissez ici vous en « donne le moyen. — J'y consens volontiers, mon- « sieur, me dit-il enfin , mais je ne pourrai pas agir « avant samedi. »
Tous mes efforts, pour le déterminer à commencer plus tôt ses démarches, furent inutiles.