‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 103 sur 128 · Comparez encore avec V Histoire militaire, p. 447 et · texte numérisé non relu

Comparez encore avec V Histoire militaire, p. 447 et

cembre, à la grande rade de la Rota\ à trois lieues de Cadix. Il appareilla le lendemain et alla le 1 1 par le travers du détroit, à cinq lieues de distance, malgré les vents d'est qui lui en défendoient l'entrée, et louvoya continuellement en attendant un vent du sudouest pour y pouvoir entrer. Il ne fit point d'autre manœuvre jusqu'au 16, qu'on lui vint dire que la garde angloise qui étoit dans le détroit avoit fait le signal de reconnoissance et que sur-le-champ Leake avoit appareillé pour venir à lui. Comme le vent étoit foible, les ennemis furent obligés de se faire remorquer par leurs chaloupes et par leurs canots; et, lorsqu'ils furent dans le détroit, les courants les entraînèrent dans la Méditerranée.

Le lendemain, Pointis aperçut vingt-cinq voiles qui venoient à l'ouest et tâchoient de s'approcher de lui ; c'étoit le vice-amiral Werton, qui, avec plusieurs vaisseaux de guerre, convoyoit un bataillon des gardes angloises, deux irlandois, deux hollandois et un portugais, avec des munitions de guerre et de bouche qu'il avoit ordre d'introduire dans Gibraltar. Pointis fit tout ce qu'il put pour approcher de ces vaisseaux à la faveur du vent d'est qu'il eut d'abord, et avoit fait arborer le pavillon anglois; mais, le vent venant à calmer tout plat, il ne put arriver sur les ennemis, qui l'attendoient tranquillement, étant trompés par les apparences du pavillon. Ce calme leur donna moyen d'envoyer leurs chaloupes reconnoître de près, et les sauva.

La nuit du 17 au 18, les équipages furent toujours

1. La Rota est un petit port à l'extrémité nord de la rade de Cadix.

SOUS les armes. Il t'ai soit alors un petit vent variable d'est au sud; et, malgré l'obscurité, Pointis ne laissa pas de remarquer quatre ou cinq vaisseaux qui tàchoient de gagner le détroit entre la terre et lui. Il envoya aussitôt quelques vaisseaux de son escadre re virer dessus, qui les joignirent et en prirent trois, sur lesquels on trouva quelques officiers avec quatre cents soldats, quelques munitions avec d'autres provisions; les deux autres s'échappèrent et s'en retournèrent à Lisbonne.

Après cela, M. de Pointis voulut gagner le cap de Trafalgar* pour aller au détroit. Il faut présumer qu'il ne le put à cause du vent, et il fut obligé de relâcher à Cadix, d'où il remit à la voile le 20 pour faire encore route sur le détroit, afin d'empêcher le secours d'arriver; mais, ayant appris qu'il étoit passé et débarqué, il revint à la grande rade de Cadix et rentra dans le PontaF, laissant les ennemis tranquilles devant Gibraltar et la place bien rafraîchie et bien munie. Peu de temps après, la flotte angloise retourna dans la rivière de Lisbonne, où elle se rafraîchit et se radouba pour se tenir en état de se remettre à la voile de nouveau au premier besoin qu'il en seroit, et même avec des forces supérieures.

Malgré ces secours arrivés et reçus, le roi d'Espagne, étant persuadé de l'importance de réduire Gibraltar, ordonna la continuation du siège, quoique son armée fût assez diminuée par la mortalité, les fatigues, les maladies et la saison avancée, plus supportable dans ce

1. Le manuscrit porte T^rasao-a/- et l'édition S'trasagar ; V Histoire militaire dit bien Trafalgar.

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