‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 110 sur 128 · Vol. Guerre 1010, n · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 1010, n

maisons et convents par ordre de M. de Saint-Silvestre, qui étoit maréchal de camp de jour. Le régiment de Cambrésis entra dans le faubourg et s'en saisit avec très peu de résistance de la part des ennemis. M. le marquis de Châteaurenault, colonel de ce régiment, y a été blessé d'un coup qui venoil du haut de la ville, qui lui entre par les chairs de l'épaule gauche et vient sortir du côté droit, en écharpant, sans qu'il y ait rien de cassé. L'on ne doute point de sa guérison, quoique le coup paroisse fort grand.

M. le comte de Grancey marcha avec son régiment, celui de Bourbon et [celui] de Hainaut par différentes routes pour chasser les ennemis, qui occupoient avec un fort grand nombre de gens la hauteur qui domine Saluées. Ces trois régiments ont exécuté vigoureusement tous les ordres qui leur avoient été donnés et ont embrassé de manière les ennemis perchés dans cette montagne qu'ils y en ont bien tué quatre-vingts ou cent. M. le marquis de Vieuxpont, colonel du régiment de Bourbon, que j'avois fait recevoir la veille, marchant indiscrètement à la tête de la compagnie de grenadiers, fut tué en approchant d'une mauvaise barrière qui fermoit un chemin.

M. le comte de Grancey gagna le plus haut de cette montagne et s'y étoit posté avec lesdits trois régiments fort proche des derrières de la ville et en état de soutenir ce qui pouvoit venir par le dehors. Cette action a coûté fort peu de monde : je crois qu'il y a eu quelques officiers blessés et vingt à vingt-cinq soldats tués ou blessés.

Pendant que cette brigade étoit occupée à se saisir des postes ci-dessus, je reçus des avis pressants de M. de Montgommery, qui étoit détaché avec quatre cents chevaux sur la gauche de la marche de l'armée pour la couvrir, qu'assurément l'armée des ennemis marchoit et s'approchoit de nous sur notre flanc et que ses vedettes et celles des ennemis étoient à vue. Lorsque je reçus cet

avis, il commençoit à être entre chien et loup; notre cavalerie n'avoit point encore passé le Pô, ni l'infanterie de la seconde ligne, commandée par M. le marquis du Plessis-Bellière, ni le convoi des vivres.

Je trouvai toute notre cavalerie à cheval et en bataille, faisant tête aux ennemis, par les soins de MM. de Quinson, de Pelleport et de Montgommery, et la brigade du Plessis remplissant le centre de la première ligne un peu plus avant que le front de bandière, occupant fort à propos une maison et quelques endroits fourrés et coupés.

Voilà la situation où je trouvai l'armée. L'approche de celle des ennemis me fut si assurée par MM. de Montgommery, Pelleport et quelques officiers, qu'après un moment de délibération avec Messieurs nos officiers généraux, la résolution fut prise de faire revenir tout ce qui avoit passé le Pô, quoiqu'il fût nuit fermée. Ce mouvement se fit avec assez d'ordre pour que toutes choses fussent mises dans une bonne disposition.

Nos bagages furent mis ensemble derrière nos lignes, dans un lieu assez éloigné de la montagne pour que les milices qui y étoient assemblées fussent obligées d'entrer dans la plaine pour les inquiéter. Je laissai pour la sûreté des bagages le corps de réserve commandé par M. de JofiFreville avec son régiment, les dragons du second Languedoc, les régiments d'infanterie de Du Lac, Caixon, de Boissière et les gardes ordinaires de cavalerie.

Le lendemain, au point du jour, nos partis m'assurèrent que l'armée des ennemis étoit proche. Les meilleurs et les plus positifs que j'en reçus furent par M. de Chaban, qui est un fort bon officier et galant homme, capitaine dans le régiment de Girardin.

Sur ce qu'il m'en fit savoir, je marchai avec M. de Saint- Silvestre avec la brigade de Montgommery, un escadron de Fimarcon et les dragons de Languedoc, pour reployer sur leur armée les gardes du corps avancé qui pourroient

nous empêcher de connoître leur situation; ce qui s'exécuta fort bien par les postes que M. de Saint-Silvestre occupa, et ce que j'en pus voir et apprendre dans ce mouvement me fit prendre sur-le-champ la résolution de venir moi-même faire avancer l'armée, qui n'en étoit pas à plus d'une petite demi-lieue.

Je laissai là M. de Saint-Silvestre, qui soutint avec beaucoup de prudence et de vigueur le terrain qu'il avoit occupé. Il jugea même à propos de faire mettre pied à terre au premier régiment de Languedoc pour chasser les ennemis d'une cassine qui étoit sur sa gauche, ce qui fut exécuté par ce régiment avec une très grande vigueur. Mondit sieur de Saint-Silvestre mena à la charge deux escadrons du régiment de Montgommery pour les soutenir, lesquels firent une charge très belle et très vigoureuse. C'étoit un bataillon du régiment des Gardes qui occupoit cette cassine, qui fut déposté par nos dragons, et cette charge de cavalerie se fit à la vue de M. le duc de Savoie, qui le faisoit soutenir par ses gardes du corps. L'on ne sauroit trop louer la vigueur avec laquelle cette action se fit. Le chevalier de la Roche-Aymon, major du régiment de Montgommery, y fut tué. Le régiment de Languedoc y eut trois ou quatre capitaines tués ou blessés, plusieurs officiers et dragons.

Un peu avant que l'armée s'ébranlât dans sa marche, je fis partir le régiment de Cambrésis pour joindre M. de Saint-Silvestre, et, lorsque l'armée fut en marche, je pris les devants pour joindre M. de Saint-Silvestre, que je trouvai dans une très bonne disposition. Les ennemis néanmoins avoient reporté leur infanterie à la cassine qui avoit été emportée, les dragons n'ayant pas pu soutenir tout le terrain que leur vigueur leur avoit fait emporter.

Le régiment de Cambrésis étant arrivé, nous le fîmes avancer et faire une espèce de charge avec ce qui nous restoit de dragons de Languedoc; mais elle n'alla pas jusques à déposter les ennemis. Ce régiment ne put que

se poster dans des haies et des buissons fort proches du poste occupé par les ennemis.

Voilà à peu près la véritable disposition où les choses étoient à cette tète pendant que l'armée s'avançoit. M. de Saint-Silvestre mérite beaucoup de louanges de la vigueur et de la bonne conduite qu'il a tenues pour soutenir cette tête en attendant l'armée.

Les ennemis n'ayant rien tenté de considérable pour faire ployer cette tète, [cela] me fit juger qu'ils s'étoient donnés un poste d'où ils ne vouloient point déborder, .l'allai avec M. de Saint-Silvestre pour reconnoître la droite et la gauche de leur poste, qu'il avoit déjà lui-même fort bien reconnu, afin que, l'armée arrivant, je susse lui donner promptement la disposition qu'il falloit pour attaquer l'armée ennemie. Je n'eus point là-dessus d'autre sentiment que celui de M. de Saint-Silvestre. Les ennemis avoient sur leur droite les cassines dont est parlé ci-dessus et un marais, qui, dans la suite, quoique difficile, ne s'est pas trouvé impraticable à une marche de notre cavalerie que M. de Saint-Silvestre lui a fait faire de ce côté-là.

Leur droite étoit aussi fermée par un marais, qui continuoit jusques au bord du Pô, absolument impraticable à la cavalerie et même fort difficile pour l'infanterie. Ils avoient derrière eux un bois allongé en pointe, qui faisoit qu'ils avoient derrière eux deux gorges, qui, dans la suite, ont contribué beaucoup au salut de quantité de fuyards et à quelques troupes qui ont couvert leur retraite. Voilà la situation du poste qu'ils avoient choisi et dans lequel la résolution a été prise de les attaquer.

M. de Feuquière emmena dans un fort bon ordre et sur un seul front l'infanterie de la première ligne, composée des brigades de Grancey et de Robecque, et donna ses ordres pour que la brigade du Plessis, qui étoit postée comme est dit ci-dessus, se remît tout en marchant dans le centre de la cavalerie de la seconde ligne.

La disposition de l'altaque a été de faire marcher la brigaâe de Grancey sur la droite de tout, dont les régiments de Grancey et de Bourbon ont été tirés pour marcher dans ce marais et le long d'un rideau, pour ouvrir le terrain et faire reployer la gauche des ennemis; [elle étoit] soutenue par la marche des régiments de Hainaut et de Périgord, conduits par M. de Feuquière, sur le terrain sec, et [par] la marche d'une ligne de cavalerie, dont le front n'a pu être que de six escadrons de la droite de la première ligne, qui étoit toute l'ouverture que nous avions entre les deux marais pour marcher en beau terrain aux ennemis.

Sur la gauche de cette cavalerie, M. le prince de Robecque avoit marché avec sa brigade. Le régiment d'Artois, avec celui de Cambrésis, compassant la marche avec la cavalerie qui étoit sur leur droite, marchèrent droit à la cassine occupée par un bataillon espagnol vêtu de rouge, et cette gauche devoit être soutenue par l'aile gauche de la cavalerie de la première ligne; mais, comme elle n'étoit pas encore arrivée, l'on fit soutenir ces deux régiments par le régiment de Montgommery. Le régiment d'Artois, soutenu du régiment de Cambrésis, marcha que l'on ne peut pas mieux ni en meilleur ordre aux ennemis qui étoient dans la cassine ; mais il ne put les en déposter, parce qu'ils étoient soutenus de près par de la cavalerie qu'on ne pouvoit charger.

M. le comte de Grancey, avec son régiment et celui de Bourbon, pénétra le marais jusque sur la gauche des ennemis, fermée d'infanterie. Après avoir contesté le terrain par une fort grosse escarmouche, il prit la résolution de marcher, l'épée à la main, à deux bataillons des ennemis que l'on dit être le régiment allemand de Michel Ulbin et un régiment vêtu de rouge qui ne peut être qu'espagnol. Le régiment de Hainaut marcha droit à la charge au régiment de Savoie, dont le colonel a été tué et le lieutenant-colo-

nel fut pris prisonnier. Cela se fil avec tant de vigueur qu'ils renversèrent ces trois bataillons, et nous avons su par des prisonniers qu'il y avoit eu sept capitaines du régiment de Savoie de tués ou blessés.

Le régiment de Périgord, après avoir contribué avec beaucoup de vigueur h ce qui se passa sur cette droite pour gagner du terrain du côté de ce marais, M. de Chamarande le ramena sur la gauche, où étoit le grand effort de l'infanterie, pour y rejoindre sa brigade, qui est celle de Robecque. M. le marquis de Feuquière alloit de sa personne de la droite à la gauche et y a rendu tous les services que l'on pouvoit attendre d'un homme de son mérite.

Notre ligne de cavalerie, composée seulement de six escadrons, qui est tout le terrain qu'elle se pouvoit donner entre les deux marais, composée de trois escadrons du Mestre-de-camp-général des dragons, de deux de Servon et du premier de Fimarcon, fit une charge, le Mestre-decamp-général avec furie et tant de chaleur qu'il n'y avoit pas l'ordre qu'on pouvoit désirer pour une charge réglée. Cependant, ils emportèrent ce qu'ils chargèrent d'une grande hauteur, qui étoit des escadrons jaunes et rouges. La charge de cette ligne mit derrière soi deux pièces de canon des ennemis. Sur l'ébranlement de quelques escadrons des ennemis, nos gens reployèrent avec assez de confusion; mais, cependant, sans le secours de la seconde ligne, l'on se rallia et l'on reforma la ligne, ayant relâché seulement du terrain, de manière que les deux pièces de canon des ennemis se trouvèrent entre la ligne des ennemis et la nôtre, d'où il fut tiré par des chevaux de notre artillerie et conduit brusquement derrière notre première ligne.

Le grand effort fut sur la gauche, où l'infanterie des ennemis étoient soutenue par de la cavalerie que l'on fut longtemps sans pouvoir charger à cause du marais; mais, h la fin, notre infanterie, par des charges réitérées, fit quit-

ter les ennemis. Les premières charges furent menées par M. le prince de Robecque fort vig^oureusement. Il fit un petit discours en wallon à son régiment, qui fit parfaitement bien, et lui de sa personne l'on ne peut pas mieux. Voilà deux occasions où l'on l'a vu se porter en aussi brave homme qu'aucun des troupes du Roi. J'assure, Monseigneur, que c'est une louange légitime qui lui est donnée. Ces charges étoient soutenues par le premier escadron de Montgommery. Le régiment de Flandres chargea avec Robecque, et fort bien aussi. L'on commença à empiéter du terrain par ces charges. M. de Feuquière fit faire une charge sur la droite de l'infanterie par le premier escadron de Fimarcon contre un escadron des cuirassiers de Bavière, qu'il culbuta et renversa que l'on ne peut pas mieux. Le comte de Fimarcon a eu quatre chevaux tués ou blessés sous lui, son frère le comte de la Tour grièvement blessé. M. le marquis de Fimarcon s'est employé cette journée au delà de ce que l'on peut croire; M. de la Lande aussi, qui étoit à cette première charge du Mestre-de-camp-général et demeura ensuite toujours sous un gros feu, où il a eu le petit os de la jambe cassé; M. de Servon deux coups dans ses habits ; il a été bien heureux d'en être quitte pour cela, vu sa présence continuelle à la tête de la cavalerie sous un feu fort vif.

Nos lignes serroient toujours les ennemis à mesure des progrès que faisoit l'infanterie, parce qu'elle auroit été débordée si elle eut chargé au delà de l'infanterie.

Toute l'infanterie de la première ligne avoit chargé; quoique avec succès, elle n'avoit point achevé. J'envoyai chercher des bataillons de la seconde ligne. Les régiments de la Sarre, Clérembault et celui du Plessis firent une charge belle et vigoureuse. Tout se rallia à cette charge; le régiment de Périgord s'y joignit avec Chamarande à sa tête. Cela fut soutenu par l'aile gauche de notre cavalerie.

bien conduite par M. de Quinson et de M. de Saint-Silvestre, qui trouva moven de pénétrer le marais. Cela emporta tout : fossés, haies, maisons et chevaux de frise qui couvroient les bataillons de M. de Savoie. Tout en chargeant, nos soldats se moquoient des chevaux de frise. La plupart de toutes ces charges d'infanterie se sont faites l'épée h la main, après avoir tiré, soutenue presque toujours par la présence de M. de Feuquière. M. le marquis du Plessis mérite des louanges très particulières dans cette action : il s'y est conduit de manière que tous ceux qui l'ont vu agir en disent tout le bien que l'on peut dire d'un officier.

Toute l'infanterie des ennemis disparut presque dans un moment dans sa fuite par le voisinage des bois et pays fourrés. La retraite parut être fort bien conduite et avec fermeté ; l'on dit que c'étoit le prince Eugène avec les gardes et les gendarmes de Savoie. M. de Feuquière débanda deux troupes de dragons de Fimarcon et de la Lande, qu'il soutenoit avec quatre escadrons. Il fit volteface avec deux escadrons des gardes. Les dragons voulant se rallier et remettre ensemble, ces deux escadrons ennemis profitèrent de ce moment et passèrent une petite rivière appelée le Giandon, qui est environ à une demilieue ou trois quarts de lieue de Villefranche. Là finit notre poursuite, environ à une lieue et demie du premier champ de bataille.

Nous avons pris onze pièces de canon, de douze qu'il y avoit, les munitions pour les servir, quarante ou cinquante caissons remplis de pain, plusieurs équipages. Il v a eu quelque vaisselle d'argent prise aux armes de Son Altesse Rovale ; sept cent trente-trois prisonniers remis à Pignerol, outre plusieurs que l'on a amenés depuis et les blessés qui n'ont pu marcher; je crois pouvoir compter jusqu'à onze ou douze cents; quantité de François, à ce que

l'on m'a dit, que les officiers ont celés et mis dans leurs compagnies. J'en ai fait pendre un reconnu dans le nombre des prisonniers pour avoir déserté du régiment de Vexin. Je n'ai que quatre drapeaux; l'on m'a dit qu'il y en avoit encore quelqu'un qu'on ne m'avoit point apporté.

Ils ne nous ont pas fait un seul prisonnier que je sache. L'affaire a été assurément difficile et opiniâtrée. Les troupes ont presque toutes agi et chargé. L'infanterie y a fait parfaitement bien ; la cavalerie et les dragons ont bien chargé, lorsque le terrain l'a pu permettre. Les troupes y ont assurément fait de manière à donner beaucoup d'estime d'elles aux ennemis. Je puis manquer dans cette relation à rendre des bons offices que plusieurs particuliers, et même des troupes, méritent dans cette occasion, oii tout le monde s'est bien employé. Je dois à leur bonne volonté et à leur secours la gloire qui peut retomber sur moi de ce combat. M. de Saint-Silvestre a été certainement très utile à cet heureux événement.

Je crois certainement que cette affaire coûte quatre mille hommes aux ennemis, tant tués que blessés, prisonniers ou gens dissipés.

Je vous envoie le mémoire des officiers et soldats tués ou blessés. J'en ai vu insérer là-dedans avec des simples contusions, ce qui me fait juger qu'il peut y avoir beaucoup à défalquer. M. le marquis de Liancourt a été blessé dans les chairs du bras gauche et a eu deux chevaux blessés sous lui; ce sont des marques qui n'ont pas besoin d'autres preuves de la manière qu'il s'est exposé. Le comte Fenil a été blessé au ventre, en servant, ce jour-là, avec tout le zèle qu'auroit pu avoir un bon François. Monseigneur connoîtra parla perte du régiment de Saint-Maurice comme le colonel et son régiment se sont comportés dans cette occasion.

Nos seize petites pièces de canon nous furent d'une grande utilité ; elles furent servies avec toute la hardiesse

possible par les soins et la présence de M. de Cray*; elles

marchoient toujours à la tête des troupes.

Je suis, etc.

Catinat.

J'oubliois à vous mander que le premier médecin de Son Altesse Royale avoit été fait prisonnier. J'ai cru qu'il étoit de la bienséance de le renvoyer galamment à Son .\ltesse Royale.

J'ai manqué, Monseigneur, à vous marquer la circonstance que la bataille a commencé entre onze heures et midi et a été contestée jusques h quatre heures.

Correspondance de Saint-Hilaire.

Saint-Hilaire à M. de Louvois'^.

A Pignerol, le 24® septembre 1681.

Monseigneur,

Les ouvriers que vous m'avez fait l'honneur de m'ordonner de mener à Lyon se sont rendus avec moi en cette ville le 20® de ce mois. Il m'a été impossible d'avoir le maître charpentier h moins de nouante livres par mois, et les charrons et forgeurs de soixante chacun. Ils sont en besogne et ont déjà radoubé trente affûts. Je les ferai continuer à tous ceux de la place, lesquels ont besoin de réparation, et ensuite ils passeront au radoub des baquets à pontons de cuivre, ce qui leur est fort nécessaire.

L'artillerie de cette place est en bon état par les soins

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