‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 119 sur 128 · Vol. Guerre 992, n · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 992, n

coup davantage et que les munitions s'y conserveront mieux. Mais, comme les ouvrages que l'on fait à la hâte ne sont jamais si bons que quand on a du temps, j'estime qu'il fandroit commencer celui-ci de bonne heure. Je me donne l'honneur de vous envoyer le dessin d'un charriot à munilions que je me suis proposé; il est différent de ceux des équipages d'artillerie d'Allemagne et de Flandre, et je puis aussi vous assurer qu'il sera plus roulant et plus léger quand il sera mis en nature.

Il n'y avoit guère de cordages et d'outils h pionniers à tirer des places du gouvernement de M. le marquis de Boufflers pour la campagne au commencement de celle-ci, non plus que de disposition pour la formation d'un équipage d'artillerie. Quand quelqu'un y aura un intérêt personnel et du temps pour se préparer, il est certain que le service en ira mieux.

Les aflFuts de nouvelle invention que vous m'avez ordonné de faire faire, et dont vous avez vu l'épreuve à Meudon, ont parfaitement réussi au roulage et à la bataille de Fleurus, qui étoit une des plus rudes que l'on pût donner. Ainsi, si vous souhaitez que l'on remonte cet hiver sur des afifùts neufs celles des pièces de cet équipage qui en auront besoin, je prends la liberté de vous assurer que l'on ne peut mieux faire que de suivre ce modèle ; et, si vous me faites l'honneur de vous servir de moi et de me donner quelque atelier à gouverner, j'espère de vous faire connoître que je suis capable de quelque chose et d'ajouter aux anciennes manières quelques nouveautés qui pourront être utiles; c'est là mon unique envie...

Je suis persuadé que vous connoissez mieux que moi l'utilité qu'il y auroit qu'une artillerie d'armée fût toujours en état d'être bien servie; mais, s'il m'est permis d en proposer les moyens les plus certains, j'aurai l'honneur de vous dire qu'il faudroit qu'il y eût un nombre de canon-

niers rédigé en compagnie toujours entretenue, qui fût directement sous la charge de celui qui commande l'artillerie, auquel on joindroit un nombre de bons ouvriers. Il auroit soin de les instruire à tout ce qui en dépend et à jeter des bombes, et, comme ils seroient particulièrement connus du commandant, ils ne s'écarteroient pas souvent de leur devoir et n'abandonneroient pas le service, comme il arrive toujours à ceux que l'on prend des fusiliers ou des autres régiments, lorsqu'il s'agit du péril ou du pillage, et alors ils laissent les officiers d'artillerie seuls avec les pièces, desquels le nombre ne suffit pas pour les servir eux-mêmes. Cette compagnie pourroit être bien entretenue sur le pied de celle de M. de Vigny, et, si vous me faisiez la grâce de m'en donner la charge, je puis vous assurer qu'avec un peu d'aide je la rendrois pour le moins aussi belle et aussi bonne...

Sainct-Hilaire.

[Au camp d'Aresdorf, le 26 octobre 1690 ^ — Il annonce au ministre qu'il a reçu du marquis de Boufïlers l'ordre de remiser l'équipage d'artillerie qu'il a commandé, cette campagne, et de licencier les officiers et les chevaux, ce qui sera fait au l*"" novembre. Il envoie l'état des pièces qui ont servi et des munitions consommées. Il demande une gratification pour les officiers.]

[Metz, 4 novembre 1691. — « État de la dépense extraordinaire qui a été faite pour l'artillerie de l'armée de la Moselle pendant le dernier mois de campagne de 1691, suivant les ordres de M. de Saint-Hilaire, lieutenant commandant ladite artillerie. »]

Il est à remarquer que les registres du Dépôt de la Guerre ne contiennent aucune lettre de Saint-Hilaire pour tout le ministère de Barbezieux, 1691-1701-

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