‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 120 sur 128 · Vol. Guerre 992, n · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 992, n

Mémoire pour l'artillerie, touchant les ejvpériences faites en présence du sieur de Saint-Hilaire, jusques au 22 septembre 1103, de quelques secrets du religieux italien envoyé à la cour par M. le duc de Vendôme^ .

[Paris, juin 1703.] Premièrement', on a pris deux pièces du calibre de huit, de même longueur et de pareille fabrique, montées sur des affûts égaux. Elles ont été chargées chacune avec quatre livres de poudre, l'une d'un seul boulet en la manière ordinaire, l'autre de deux préparés par le religieux italien. Elles ont été tirées toutes deux contre une butte, d'une distance égale de sept cent quarante pas communs, et pointées au même degré. Il s'est trouvé que la pièce chargée de deux boulets les a portés plus haut et qu'ils se sont trouvés six à sept pieds plus avant dans la butte que celui de la pièce chargée d'un seul boulet en la manière ordinaire, et que l'affût et la pièce ont été moins tourmentés. D'où l'on peut conclure que Tusage n'en est point dangereux, que la poudre agit avec plus de force et que cette méthode est excellente^ principalement pour les sièges, puisque l'on tirera deux boulets pour un, sans qu'il en coûte davantage de poudre que pour un seul. Cette préparation me paroît si simple et de si peu de frais, que je m'étonne qu'aucun de nous ne l'ait imaginée, au moins en partie ; car le religieux dit qu'il met une certaine composition sous ses boulets, que je n'ai pu remarquer, parce qu'il les tient enveloppés dans un sachet de toile ; et ce seroit tant mieux que celte composition donnât la force et le moyen ; car les ennemis ne pourroient avoir cet usage, n'ayant pas son secret.

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