‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 27 sur 128 · Le 27 juillet · texte numérisé non relu

Le 27 juillet

pour fortifier son armée, affoiblie par les événements passés, les longues marches et les maladies, et crut avec cela y remédier entièrement en envoyant le maréchal de Villeroy pour la commander sous M. le duc de Savoie, qu'il pria de la venir joindre avec sept à huit mille hommes de ses troupes, qu'il s'étoit engagé de fournir par le traité qu'il avoit fait avec le Roi. Cette armée devint dans peu si supérieure à celle du prince Eugène, qu'il ne pût exciter aucun soulèvement notable dans le Milanois par son approche, ni passer l'Oglio ; et le maréchal de Gatinat se trouva en troisième dans une armée qu'il venoit de commander en chef. Il ne parut pas que cette disgrâce l'abattît; au contraire, il se ranima par une vertu dont, en pareil cas, on trouve peu d'exemples, et résolut de bonne grâce à servir utilement le Roi et sa patrie le reste de la campagne en Italie.

Tous les secours qu'on attendoit étant joints, le maréchal de Villeroy, voulant signaler son avènement par quelque action d'éclat ^ proposa de passer l'Oglio et d'aller forcer le prince Eugène dans son camp. Il exécuta le premier sans aucun empêchement; [mais, pour le second, ce ne fut pas la même chose; car il manqua d'y faire périr toute l'infanterie de l'armée.]

Combat de Chiari. — Le prince Eugène se tenoit si assuré et si précautionné dans son camp, qu'il [ne daigna pas seulement disputer le moins du monde le passage de l'Oglio, non plus que celui du ruisseau de Rudiano, où l'armée vint camper, quoique l'un et l'autre fussent assez près de son camp et qu'on s'y attendît ;

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