‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 35 sur 128 · Tome II, p · texte numérisé non relu

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de grosse artillerie, qui y fut perdue cette même campagne,] avec laquelle il prétendoit intimider toute la Hollande, assembla une grosse et bonne armée, qu'il commanda sous Mgr le duc de Bourgogne, marcha droit à Xanten, où le comte de Tilly étoit posté, et y arriva d'assez bonne heure pour l'attaquer le même jour, et même pour le battre; mais au lieu de cela il tâtonna et consuma le reste du jour à faire des dispositions inutiles. Le lendemain, le comte de Tilly leva son camp et se retira habilement, sans rien perdre, derrière Clèves, où le comte d'Athlone le joignit en grande diligence avec ses troupes.

On voulut excuser le maréchal de Bouflers d'avoir manqué une si belle occasion sur ce qu'il attendoit ce même soir Mgr le duc de Bourgogne, qui n'avoit pas encore joint l'armée, pour lui donner tout l'honneur de cette première action ^ On en inféra sans doute que c'étoit un tour de bon courtisan, et non celui d'un grand capitaine, qui ne doit jamais, pour quelque cause que ce soit, laisser échapper son ennemi, surtout quand c'est un coup sûr ; car l'occasion perdue ne se retrouve plus.

Ce général séjourna quelques jours au camp de Xanten, que le comte de Tilly avoit quitté, [ou aux environs, et on ne peut l'en excuser qu'en disant qu'il attendoit quelques convois de vivres qui lui manquoient pour pousser en avant.] Enfin il en décampa et s'avança vers l'ennemi, qui étoit à Cranenbourg^, où il avoit été joint par sept mille Anglois et quelques

1. Les Nouvelles dcf: cours de l'Europe, pamphlet périodique rédigé en Hollande par un réfugié français, appela cette action manquée la « faillite » du maréchal de Boufflers.

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