Jacques-Bénigne Bossuet, évéque de Meaux depuis
5. Fénelon avait été nommé précepteur des fils de France en 1689; il eut l'archevêché de Cambrai en 1695.
1698] MÉMOIRES DE SAINT-HILAIRE. Il
tion de cette dame, ou par d'autres \'ues peu connues, il leur communiqua un li\Te de doctrine qu'il a voit composé, dont le titre étoit Maximes des saints, et d'un style si élevé par sa sublimité, que ces Messieurs lui conseillèrent de ne le pas rendre public, à cause des interprétations dangereuses qu'on lui pouvoit donner. Mais l'amour qu'on a pour ses ouvrages lui fit passer par-dessus cette considération et sur la réflexion qu'il devoit faire d'avoir déplu à une dame toute puissante, qui avoit besoin de son suffrage pour réussir à une grande entreprise qu'elle méditoit^. Il rendit donc son li^Te public, qui parut à plusieurs digne de la réputation d'un tel auteur, mais à d'autres, et surtout à M. l'évêque de Meaux, semé de plusieurs propositions hétérodoxes. Là-dessus, il y eut plusieurs disputes entre ces deux prélats, qui tournèrent au désavantage de Monsieur de Cambray ; car il fut expulsé de la cour comme un homme dangereux à l'éducation des princes, perdit sa charge de prenwer aumônier de M"® la duchesse de Bourgogne, qui fut donnée à Monsieur de Meaux, et on le relégua à son archevêché de Cambray, avec ordre de n'en point sortir-, ce qui subsiste encore aujourd'hui ^ Mais cette affiaire n'en demeura pas là : il courut quantité d'écrits de part et d'autre, où dans aucuns la charité chrétienne étoit un peu oubliée. Cependant, le livre tut déféré à la cour de Rome, qui fit traîner longtemps sa décision, malgré les vives représentations de Sa Majesté et les sollicita-
1. M"* de Maintenon, qui voulait faire déclarer son mariage avec le Roi.