‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 51 sur 128 · Les Français entrèrent dans Governolo le 28 décembre · texte numérisé non relu

Les Français entrèrent dans Governolo le 28 décembre

lac de Garde, et fit retrancher les bords de la Secchia, du côté du Modénois; et l'on se tint fort alerte, de part et d'autre, pendant tout l'hiver.

[Jusques au mois de mai de la présente année, il n'y avoit point eu de déclaration de guerre en forme entre les parties contendantes. La France avoit agi au nom du roi d'Espagne. L'électeur de Cologne, dont j'ai déjà touché quelque chose ainsi que du duc de Bavière, avoit reçu dans ses places des troupes françoises, sous le nom, disoit-il, de « troupes du Cercle de « Bourgogne », pour les garantir, à ce qu'il publioit, d'une invasion subite et forcée dont elles étoient menacées, ne s'agissant pas dans le cas présent d'une guerre où l'Empire fût intéressé, mais seulement des intérêts particuliers de la maison d'Autriche concernant la succession d'Espagne. L'électeur de Bavière, son frère, qui s'étoit rendu dans ses États, y avoit armé puissamment et auroit fait répandre le même bruit dans les Cercles et États ses voisins, afin de les faire armer, s'il se pouvoit, pour le maintien de la paix, ou tout au moins leur faire observer une neutralité qui les eût garantis. Peut-être eut-il aussi des vues plus étendues qui ne lui réussirent pas, ainsi qu'on le verra dans la suite.]

[L'Angleterre et la Hollande avoient fait la guerre jusques-là sous le nom de « troupes auxiliaires de l'Emet pereur », qui ne cherchoit, à ce qu'il faisoit répandre dans le monde, qu'à recouvrer les États qui lui appartenoient par droit de succession et à contribuer de garantir l'Europe du pouvoir exorbitant de la France. Enfin, ces déclarations parurent dans le mois de mai,

et bientôt après celles de France et d'Espagne ^ Je n'en rapporterai point ici le détail, pour éviter de tomber dans le cas des répétitions, qui sont toujours ennuyeuses, ces déclarations ayant été d'ailleurs motivées sur les mêmes causes de la présente guerre, que je crois avoir ci-devant assez amplement déduites. Venons à présent aux expéditions maritimes de la présente année.]

Entreprise du duc d'Ormond sur Cadix, qu'il manqua. — Les Anglois et les Hollandois, ayant mis sur pied une puissante armée navale, sur laquelle ils avoient embarqué un corps de troupes commandé par le duc d'Ormond^, la firent partir de ses ports le 1 5 juillet, et elle parut sur les côtes du Portugal le 210 du même mois. Après y avoir pris quelques rafraîchissements, elle fit route sur Cadix et arriva devant le port de cette ville, qu'elle s'étoit flattée de surprendre. Le duc d'Ormond se prépara à la descente et tenta inutilement la fidélité de Don Scipion Brancaccio, qui commandoit dans la place. Il fit répandre en même temps une déclaration, dont la substance étoit qu'il n'étoit venu que pour appuyer les droits de la maison d'Autriche, promettant sa protection aux Espagnols qui embrasseroient ce parti, et il imputoit les malheurs de la guerre à ceux qui ne concourroient pas aux bonnes intentions des puissances alliées avec l'Empereur.

La descente se fit, après avoir été disputée à coups de canon. Les troupes de débarquement s'emparèrent

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