Le combat qui va être raconté fut donné le 31 juillet
inutile; un parti ennemi se trouva par hasard sur son chemin et alla rendre compte à son camp de ce qu'il avoit trouvé. Aussitôt la Tour monta à cheval, se mit en bataille et attendit fièrement Legall. Dès qu'il le vit paroître et qu'il se formoit, il alla le charger brusquement et eut un avantage considérable en cette première charge ; mais, Legall s'étant rallié à la faveur de ses escadrons qui n'avoient point encore combattu et du feu de son infanterie qui se trouva postée à merveille, les Impériaux furent rompus et battus à la seconde charge, avec perte d'environ mille hommes tués ou blessés, d'onze ou douze étendards et du prince Christian de Lùnebourg^. Nous eûmes cinq ou six cents cavaliers et soldats blessés et tués, entre autres du Héron, brigadier de cavalerie^, qui étoit un très galant homme et qui revenoit depuis peu de Pologne, où il avoit été ambassadeur de France^.
Expédition de V électeur de Bavière dans le Tyrol. — Pendant que tout ceci se passoit, l'Électeur tomba sur le Tyrol avec une célérité si imprévue que tout fléchit devant lui. Innspruck, qui en est la capitale, lui ouvrit ses portes; et il ne restoit plus, pour la communication de ses États avec la Lombardie, qu'à se rendre maître des passages du côté du Trentin, [ce qui étoit
auprès de Mûnderkingen, petite ville sur le Danube à six lieues d'Ulm : voyez les Mémoires de Saint-Simon, t. XI, p. 160-162, et le commentaire qui y est joint.
1. Christian de Brunswick-Hanovre, et non Liinebourg, frère cadet du futur roi Georges P' d'Angleterre, né en 1671, fut noyé dans le Danube, lors de la retraite des Impériaux.