Place forte sur l'Inn, à l'entrée du Tyrol
de neutralité, et, ne s'y assurant pas plus que de raison, il avoit stipulé qu'en cas que les Impériaux vinssent à se poster de ce côté-là, ils lui remettroient une de leurs portes, et quelques tours qui en étoient proches, et des otages pris dans ses magistrats pour plus de sûreté; mais il arriva qu'à son retour du Tyrol, il crut devoir se précautionner davantage, et leur demanda cette porte et ces tours, qu'ils lui refusèrent. L'Électeur menaça de faire prendre les otages, et se vengea en faisant faire quelques ravages sur leur territoire.
[Le prince de Bade dérobe des marches à V Électeur et au maréchal de Villars, mène son armée à Augsbourg et s'en rend maître; grand dessein de ce prince. — Le prince de Bade, qui avoit les mêmes vues pour l'avantage de son parti, voulut profiter de la conjoncture et y réussit plus efficacement que l'Électeur. La difficulté étoit d'y porter son armée et d'exécuter en même temps un dessein plus grand, qui étoit de couper la Bavière à l'Électeur, et les vivres qui lui en venoient, ce qui l'auroit jeté dans de cruelles extrémités. Voici à peu près comme il s'y prit.]
J'ai déjà dit qu'il avoit envoyé quatre à cinq mille chevaux, sous le comte de la Tour, du côté d'Ulm, et que Legall le battit \ mais ce ne fut pas d'une manière à ne pouvoir s'en relever. Le prince Louis se mit en tête de le joindre sans qu'on le pût soupçonner, et, à cet effet, il fit faire divers mouvements contraires à une bonne partie de ses troupes, qui revenoient ensuite dans son camp. A la fin, il divisa son armée