Tome II, p
l'armée et marchèrent à Giinzbourg^ où ils commencèrent à se trouver courts de vivres. Ils y eurent des conférences sur les moyens de se tirer de l'embarras où la prise d'Augsbourg les mettoit, et de prendre un parti salutaire. Ils n'en trouvèrent point de meilleur que celui d'aller attaquer Styrum dans son camp; mais, presque en même temps, d'Usson manda au maréchal, qui en alla avertir l'Électeur, que Styrum s'étoit mis en mouvement et avoit fait prendre poste la nuit à quelques troupes dans une île du Danube, en attendant des bateaux que le mauvais temps et la pluie avoient retardés et que même il étoit obligé de séjourner à Schewingem, où il étoit campé.
Première bataille d'Hochstedt^. — Sur cette nouvelle, le maréchal proposa à l'Électeur de marcher à lui pour le combattre. Ce prince fit d'abord quelque difficulté, disant qu'il falloit auparavant savoir la situation du camp de Styrum. Le maréchal représenta fortement que l'on perdroit un temps précieux et que, cependant, l'ennemi leur pourroit échapper. L'Électeur se rendit : on envoya ordre incontinent à d'Usson de quitter ses retranchements et de marcher à l'ennemi. On lui fit savoir que l'Électeur et le maréchal alloient repasser le Danube à Donauwert pour marcher à lui et qu'ainsi, s'il arrivoit le premier^ il n'engageât rien qu'ils ne lui en eussent donné le signal