Gûnzbourg, ville forte au confluent du Gûnz et du Danube
2. Sur cette victoire, voyez la Gazette, p. 481-488, etc., la Gazette d'Amsterdam, n°* LXXIX-LXXXV, l'Histoire militaire, t. IV, p. 133-137, les Mémoires militaires, t. III, p. 666-675 et 955-964, et les Mémoires de Saint-Simon, t. XI, p. 265-
par trois coups de canon qu'ils feroient tirer quand ils seroient arrivés. Mais il survint un contretemps qui gâta tout et empêcha que Styrum ne fût battu à plate couture. Ce général, ayant vu qu'on venoit à lui, se mit promptement en bataille et fit tirer trois coups de canon pour avertir ceux qui étoient au fourrage de revenir promptement le joindre. D'Usson, sans se faire informer davantage si les troupes de l'Électeur, qui avoit eu plus de chemin à faire, étoient arrivées, prit ce signal pour celui qu'on devoit lui donner et fit charger; mais, comme il avoit affaire à toute l'armée ennemie, ii fut bientôt rompu et obligé de faire, avec assez de confusion, un mouvement en arrière vers ses retranchements.
Pendant que ceci se passoit, l'Électeur et le maréchal arrivèrent avec leur armée et firent charger les Impériaux avec tant d'ordre et d'impétuosité qu'ils furent bientôt battus. Styrum retira, avec assez d'ordre, le débris de son armée vers Nuremberg, et perdit en cette bataille trois mille hommes tués sur la place, autant de blessés, quatre mille prisonniers, plusieurs officiers déconsidération, dix-huit étendards, quatre drapeaux, trente-trois pièces de canon et ses bateaux ; nous y eûmes cinq cents hommes tant tués que blessés, parmi lesquels il y avoit plusieurs officiers.
Tentative de l'Électeur sur l'armée du prince de Bade, qui ne lui réussit pas. — Après cette action, l'Électeur laissa reposer son armée quelques jours; puis il repassa le Danube, dans le dessein d'aller faire une tentative pour déposter le prince Louis de Bade de son camp sous Augsbourg. Il s'avança jusques à Oberhausen, et, ayant reconnu l'impossibilité de le
faire, de la manière dont ce prince étoit posté et fortifié, il se retira, après avoir fait piller Oberhausen, et vint prendre Kempten, ville impériale sur la rivière d'Hier^ qui couvroit son pays de ce côté-là. Le prince de Bade prit la petite ville de Friedberg, près d'Augsbourg, et y fit cinq ou six cents Bavarois prisonniers.
Le comte de Beventlaw^ commanda aussi, sur la fin de cette campagne, un petit corps d'Impériaux et de Danois, qu'il assembla près de Passau et avec lequel il vint bombarder Schàrding^, qu'il ne put assiéger à cause de la nombreuse garnison qui étoit dedans. Ensuite il assiégea le château de Hardinghen, qu'il prit, puis celui de Neubourg^, qui eut la même destinée. Peu après, il se rendit maître de Deggendorf ^, [où il y a un pont sur le Danube, et des retranchements qui en défendoient les avenues, gardés seulement par des milices qui prirent incontinent la fuite ;] mais l'Électeur reprit bientôt ces postes et s'empara même de Passau, qu'il mit dans l'enceinte des quartiers d'hiver de ses troupes. Elles tinrent depuis le Bas-Danube jusques à Enz^; et, dans cette situation, elles donnèrent beaucoup d'inquiétude à la cour de Vienne qui, du côté de Hongrie, étoit fort harcelée par les Mécontents,