‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 73 sur 128 · Bourg du Véronais, non loin du lac de Garde · texte numérisé non relu

Bourg du Véronais, non loin du lac de Garde

4. Rivoli du Véronais, qu'il ne faut pas confondre avec Rivoli en Piémont.

qui étoit toujours campé sur les bords de la Secchia ; mais il survint un contretemps qui détruisit les nouveaux projets de M. de Vendôme.]

[L'Électeur, qui vouloit entrer dans le Tyrol et se l'approprier, avoit fait de fortes instances au Roi de le secourir, afin de s'y maintenir, ce qui ne se pouvoit guère qu'en fermant aux Impériaux le passante du côté du Trentin, pour ôter toute communication de leur armée d'Italie avec l'Allemagne, qu'ils gardoient tantôt plus, tantôt moins, selon les occurrences. Dès qu'ils eurent avis de l'entrée de l'Électeur dans le Tvrol, Vaubonne, qu'ils avoient chargé de veiller de ce côté-là, avoit assemblé une quantité de milices auxquelles il joignit mille hommes de troupes réglées, pour se disperser et fortifier sur les montagnes presque inaccessibles, dans les châteaux, sur les avenues et défilés où le chemin s'adonnoit, ce qui faisoit que la besogne de les en chasser paroissoit très grande, surtout quand ils seroient soutenus par un corps de troupes qui se posteroit dans le Trentin et empêcheroit qu'on ne pût assiéger la ville, beaucoup plus forte par sa situation naturelle que par les fortifications qu'on y avoit ajoutées. Malgré tout cela, le Roi manda à M. de Vendôme d'envoyer un gros détachement de son armée d'Italie pour les aller déboucher. Il lui dépêcha un courrier pour lui représenter les inconvénients qui pourroient en arriver, et, en attendant son retour, il fit ses dispositions pour l'exécution, dont il voulut se charger lui-même. Le courrier revint et rapporta un second ordre de ne la point différer. ^I. de Vendôme se mit aussitôt en mouvement avec \ingt bons bataillons, vingt-sept escadrons,

quelque artillerie et du biscuit pour plusieurs mois. Il se fit devancer par Senneterre*, avec deux régiments de dragons, qui s'emparèrent de Desenzano^, sur le lac de Garde, appartenant aux Vénitiens, où ils trouvèrent un nombre de barques, qui devinrent fort utiles pour le transport des vivres par le lac, et pour donner la chasse à deux barques armées que les ennemis y tenoient.]

[M. de Vendôme arriva le 19 juillet au pied des montagnes, qui sont affreuses et si étroites qu'à peine deux hommes peuvent passer de front. Il commanda un détachement, qui alla reconnoître les chemins et trouva sur sa route quelques paysans armés qui se retirèrent d'abord, et, après avoir fait venir de ses derrières huit autres bataillons, il les mit dans Desenzano et y joignit quatre escadrons de cavalerie et deux de dragons qu'il tira de son armée, et, pour avoir la navigation du lac libre, il fit attaquer le château de Sermione^, situé sur une motte au débouché du goulet par où on entre dans le plein canal. Après cela, M. de Vendôme prit sa marche par la droite du lac, le laissant à gauche, avec la meilleure partie de l'armée, et donna l'autre à conduire au comte de Médavy, qui dirigea la sienne le long de la gauche de ce lac, le laissant à sa droite. Ces deux corps avoient leur rendez- vous à Torbole, qui est à l'autre extrémité du lac. L'un et l'autre trouvèrent des défilés retranchés,

1. Henri de la Ferté, comte de Senneterre (1667-1746), était brigadier de dragons.

2. Petite ville à vingt-neuf kilomètres de Brescia, sur la rive occidentale du lac.

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