Voyez la note de la p. 212, ci-dessus
1703] MÉMOIRES DE SAmi-HILAIRE. 221
parmi les chevaux de la cavalerie, qui fut cause qu'à peine en put-il mettre trois mille ensemble; peut-être aussi que, si M. de Vendôme avoit eu meilleure opinion que de coutume de la capacité de l'ennemi qu'il avoit en tête, il auroit pris contre celui-ci des précautions à l'avenant et qu'il lui auroit pu barrer le chemin en quelque endroit dans cette longue traversée, qui fut de plus de soixante lieues, étant maître de tous les passages sur le Pô jusqu'au Piémont.]
[Ainsi finit la campagne d'Italie, si ce n'est qu'on veuille dire qu'il y eut encore quelque petite guerre pour les quartiers d'hiver, ce qui est de si peu de conséquence, au plan que je me suis fait, que je me dispense d'en faire la narration.]
Campagne d'Allemagne sur le Rhin. — Le maréchal de Tallard alla cette année commander en Alsace, et, y ayant assemblé une armée de quarante mille hommes, avec tous les préparatifs nécessaires pour un grand siège, Mgr le duc de Bourgogne partit de la cour, vint se mettre à la tête de cette armée et alla assiéger le Vieux-Brisach, qu'il prit par capitulation le quatorzième jour de tranchée, quoique cette place fût très bonne et pourvue d'une nombreuse garnison et qu'il n'y manquât rien* ; aussi, le comte d'Arco^, qui y commandoit et étoit un vieil officier général de l'Empereur, qui avoit acquis ailleurs beaucoup de
1. Brisach, investi le 15 août, se rendit le 6 septembre. Il y a un joui'nal du siège dans le Mercure de novembre, volume supplémentaire; ce fut le dernier que fit Vauban.
2. Jean-Philippe, comte d'Arco, né en 1654, était frère du maréchal d'Arco qui servait dans les troupes de Bavière; il était feld-maréchal lieutenant depuis 1694.
réputation, la perdit en ce siège, et bientôt après la vie : car l'Empereur lui fit faire son procès, et il eut la tète tranchée*; Marcilly^, qui commandoit sous lui, fut dégradé des armes.
Mgr le duc de Bourgogne, pour s'être trop exposé à ce siège, au gré de la cour, y fut rappelé^, et le mairéchal de Tallard se prépara à une nouvelle expédition.
Ses préparatifs étant finis, il se mit en marche et vint assiéger Landau, où il y a voit une bonne garnison des meilleures troupes de l'Empereur, sous le comte de Friesen^, et pourvue de tout ce qu'il falloit pour une bonne défense. Sans m'arrêter au détail de tout ce siège °, et afin d'abréger, je dirai seulement que cette place fut bien attaquée et bien défendue; mais elle ne put être prise sans donner un combat : elle étoit de trop grande importance à l'Empereur et à la France pour ne le point risquer. Je vais dire à peu près ce qui se passa dans cette action.
Après la prise de Limbourg, le prince de Hesse fut