Quincv, Histoire militaire, t. IV, p
L'autre armée navale des ennemis, bien plus forte que la première, étoit destinée pour l'Océan. Elle se présenta devant Brest ^ et ensuite à la vue de Port- Louis, d'où elle détacha trois vaisseaux de guerre pour canonner quelques petits bâtiments qui venoient de Nantes le long de la côte, et qui ne laissèrent pas de se mettre en lieu de sûreté. De là, ils vinrent à Belle-Isle, y firent une descente, investirent la citadelle et la sommèrent inutilement de se rendre. En même temps, ils envoyèrent un grand nombre de chaloupes armées pour débarquer et attaquer l'île de Groix, située à deux lieues en mer, vis-à-vis du Port- Louis. Ils y trouvèrent des troupes réglées et des milices retranchées, qui firent un grand feu sur eux, leur tuèrent et blessèrent quelque monde et les obligèrent de se retirer. Ensuite ils quittèrent Belle-Isle, et, s'étant rembarques, ils rôdèrent le long des côtes du pays d'Aunis et du Poitou, dans l'espérance d'y exciter quelque soulèvement qui put être favorable aux rebelles du Languedoc. Il y a apparence que c'étoit là leur véritable dessein et le but de cet armement; mais, par les sages précautions qu'on y avoit prises, ils ne purent rien faire, non plus que sur les autres côtes de France, qu'ils longèrent en se retirant dans leurs ports.
Les Anglois mirent en mer un autre armement, composé de six gros vaisseaux de guerre et de quarante autres voiles qui portoient des troupes de débarquement 2. Ils arrivèrent devant la Guadeloupe le 18 mars