‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 3)Chapitre 45 sur 96 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p

4. Dominique-Claude Barberie de Saint-Contest (1668-1730) avait d'abord été conseiller au Parlement, puis était entré dans le corps des maîtres des requêtes et gouvernait depuis 1700 l'intendance de Metz; il devint conseiller d'Etat en 1716.

5. Le traité de Baden, suivant l'usage diplomatique entre la France et l'Empire, fut rédigé en latin. Signé le 7 septembre 1714, il reproduisait presque textuellement les préliminaires de Rastadt, sauf quelques modifications de détails aux articles 12, 24 et 26. L'article 32, relatif aux prétentions de divers princes, était remplacé par un autre article constatant que ces prétentions n'avaient pu être réglées et feraient l'objet de négociations postérieures. Enfin, les articles 33 à 37 de Rastadt, qui avaient un caractère transitoire, étaient remplacés par des conventions définitives. Le texte complet du traité a été inséré par Du Mont dans son Corps universel diplomatique, t. VIII, pre-

pagne, n'insista plus sur cet article, afin de ne point retarder la signature de la paix, d'autant que le roi son petit-fils en obtenoit la réalité par la neutralité d'Italie, qui ôtoit à l'Empereur les moyens de faire aucune entreprise sur ses États ^ [Il faut à présent changer un peu de sujet et revenir à celui que je me suis proposé, jusques aux bornes que je me suis prescrites.]

[Mort de Charles, duc de Berry. — Charles, duc de Berry, étant à la chasse, fit une chute de cheval, de laquelle il ne tint pas grand compte ou qu'il dissimula, afin de ne point alarmer le Roi. Le 1^'^ mai, il sentit des douleurs de poitrine qui furent attribuées à toutes autres causes; on lui fit quantité de remèdes, sans doute peu convenables à son mal ; car il mourut le quatrième jour à cinq heures du matin, dans sa vingt-huitième année^.]

La paix générale qui venoit d'être conclue ne put porter les rebelles de Catalogne, qui ne pouvoient plus être secourus, à se soumettre à la discrétion et à la clémence du roi d'Espagne. [A la vérité, ils se flattèrent longtemps que la reine d'Angleterre, au pardessus de l'amnistie générale portée dans le traité de paix, leur procureroit la conservation de leurs privilèges; mais

mière partie, p. 436-444; M. Vast s'est contenté de reproduire les articles modifiés.

1. La paix entre l'Empereur et l'Espagne ne fut signée que plusieurs mois plus tard.

2. Le duc de Berry mourut le 4 mai 1714, à quatre heures du matin. On voit que Saint-Hilaire, comme pour la mort du duc et de la duchesse de Bourgogne, ne fait aucune allusion au poison, contrairement à l'opinion mise en avant par Saini- Simon [Mémoires, t. XXIV, p. 247 et suivantes).

le roi d'Espagne vouloit qu'ils implorassent sa clémence, ce qui leur étoit une démarche d'autant plus dure que les Catalans ont été, de tout temps, un peuple fier et amateur de sa liberté.]

Siège de Barcelone par le maréchal de Berwick. — [Barcelone, cette ville infortunée, étoit destinée à servir d'un exemple mémorable de leur courage et de leur indocilité. Ils ne voulurent jamais écouter les conseils qu'on leur donnoit de se soumettre;] ils écoutèrent les exhortations séditieuses des principaux factieux, qui les portèrent au désespoir, et soutinrent un siège qui fit plus d'honneur à leur courage qu'à leur sagesse. Le maréchal de Berwick, qui le fit avec des troupes françoises et espagnoles, fit ouvrir la tranchée le 1 21 de juillet^ ; et ceux de dedans se défendirent avec toute la fureur dont un peuple est capable, qui n'a plus d'autres espérances que de retarder de quelques jours une mort qu'il croit ne pouvoir éviter.

Je ne rapporterai point le détail de ce siège. Il me suffit de dire que le bastion Saint-Pierre fut pris et repris onze fois en un seul jour, et que, le maréchal de Berwick les ayant fait sommer de se rendre à des conditions qu'il leur fit proposer, ils lui répondirent qu'ils aimoient mieux mourir les armes à la main que de les accepter.

Béduction de Barcelone. — Après cela, ils soutinrent un assaut général avec la dernière intrépidité^. A la fin, ils furent forcés; mais comme il étoit difficile de les

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