Vincent-François Desraaretz
Bayonne* jugèrent que la Constitution n'étoit pas acceptable sans explications, et, ne trouvant pas celles des évêques suffisantes, ils aimèrent mieux les recevoir du Pape et lui écrivirent pour les lui demander. Leurs prières furent inutiles; car le conseil du Pape, peu accoutumé à démordre, répondit que la Constitution étoit claire. D'autres évêques protestèrent aussi qu'elle n'étoit acceptable en aucune manière et qu'elle ne pouvoit devenir orthodoxe que moyennant des explications qui contiendroient souvent un sens contraire au véritable esprit de la bulle.]
[Le Roi fut fort surpris que cette bulle ne fût pas unanimement acceptée, ainsi qu'on le lui avoit fait espérer ; il ordonna à la Sorbonne de s'y soumettre ; plusieurs docteurs s'y opposèrent et furent punis par l'exil; et comme une grande partie des Sorbonnistes étoient dans le parti des jésuites et de la cour, ceux qui étoient des opposés sortoient à peine des assemblées que, dénoncés comme réfractaires aux ordres du Roi, ils recevoient des lettres de cachet qui les reléguoient. Leur murmure venoit encore de ce que, pour tromper la cour et le public, les docteurs acceptants avoient fait imprimer une conclusion en faveur de la Constitution et supposoient qu'elle avoit été universellement reçue. Les autres protestèrent bientôt contre; l'université de Reims la rejeta à la pluralité des voix, et le Roi eut le chagrin de voir tout son royaume en combustion par un remède qu'il avoit demandé pour rétablir la paix de l'Église.]
[Sa Majesté veut tâcher de pacifier les puissances du Nord et envoie un ambassadeur en Suède. — Un autre