‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 3)Chapitre 51 sur 96 · Voyez les Mémoires de Saint-Simon, t. XXV, p. 1 à · texte numérisé non relu

Voyez les Mémoires de Saint-Simon, t. XXV, p. 1 à

2. Méhémet-Riza-Beg, intendant de la province d'Érivan, envoyé par le khan de cette province. M Maurice Herbette a raconté son ambassade et ses aventures dans Une ambassade persane sous Louis XIV (1907).

3. Les dates données par Saint-Hilaire sont erronées : Méhémet-Riza-Beg débarqua à Marseille en octobre 1714 et y

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avoir traversé, à ce qu'il disoit, la Turquie avec beaucoup de danger et de précaution, à cause de l'ombrage que son ambassade y avoit donné, il arriva à Lyon le 24 janvier 1715 et poursuivit son chemin jusqu'à Paris ; dans toutes les villes de son passage, on l'accabla de présents et on le reçut avec des honneurs extraordinaires. Il fît son entrée publique à Paris le 7 février suivant et refusa de se servir des carrosses du Roi, selon l'usage ordinaire en pareilles occasions. Au lieu d'iceux, il monta à cheval, précédé des plus beaux chevaux de l'écurie du Roi, au bruit des trompettes, timbales et hautbois. Cet ambassadeur étoit vêtu richement à la persienne et entouré de ses domestiques (dont il y en avoit quelques-uns qu'il appeloit des mousquetaires), précédé par un Persan qui portoit l'étendard du roi de Perse. Les présents destinés à Sa Majesté, qui étoient peu de chose, étoient dans des caisses, sur un brancard porté par deux mulets*. Le 19 février, le Roi, revêtu de l'habit le plus superbe qu'on puisse s'imaginer^, lui donna audience publique dans la grande galerie de Versailles, où ce magnifique spectacle brilla de toutes les plus belles pierreries de la cour et de la ville, dont les habits magnifiques des princes et princesses étoient rehaussés, aussi bien que ceux de plusieurs particuliers. L'ambassadeur témoigna d'être plus frappé de l'air

séjourna quelque temps ; il n'arriva à Charenton que le 26 janvier 1715.

1. Des estampes du temps reproduisent cette entrée, l'audience dont notre auteur va parler, ainsi que le portrait de l'ambassadeur et diverses scènes de son existence à Paris.

2. L'habit du Roi était couvert de diamants, valant plus de douze millions.

grand et majestueux du Roi que de la pompe qui l'environnoit; [la foule ne permit pas de bien observer la cérémonie.] Il fut ensuite à l'audience de Monseigneur le Dauphin et s'en retourna à Paris à l'hôtel des ambassadeurs, où il fut défrayé*; puis alla loger à Chaillot, où il resta jusque dans le mois d'août, avec assez de mépris; puis, la mascarade finie ou les négociations, [qui n'ont point été développées,] il s'embarqua pour s'en retourner en son prétendu pays; on n'en a plus entendu parler depuis^.

Le Roi réconcilie M. le duc d'Orléans avec le roi d'Espagne. — Parmi tout cela, le Roi avoit une affaire à cœur, [qui ne lui fut pas si difficile à terminer que celle de la Constitution, qui ne l'est pas encore dans le temps que j'écris ceci, ne le sera de longtemps, et peut-être qu'à la vallée de Josaphat^, à en juger selon les apparences.] G'étoit la réconciliation de S. A. R. M. le duc d'Orléans avec le roi d'Espagne, son petit-fils, auquel il avoit donné de furieux ombrages pendant son séjour en Espagne^. Ce prince du depuis y tint encore quelques émissaires secrets, qui furent découverts et arrêtés. Le Roi, détrompé ou revenu de tout ce qu'il avoit appris là-dessus, ou bien considérant que cette querelle pouvoit dégénérer en une haine

1. Saint-Simon (Mémoires, t. XXVI, p. 126 et suivantes) a raconté cette ambassade.

2. Il y eut en effet dans le public bien des doutes sur la réalité de cette ambassade, et Saint-Simon s'en est fait l'écho. Les historiens modernes ont cru néanmoins à sa vérité; les conventions que Torcy passa avec lui reçurent d'ailleurs leur exécution.

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