‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 116 sur 210 · Il y a un plan du siège dans V Histoire militaire · texte numérisé non relu

Il y a un plan du siège dans V Histoire militaire

2. Ou plutôt fort Guillaume. C'est l'ingénieur Coehorn qui l'avait bâti, et qui lui avait donné le nom du roi d'Angleterre, et lui-même va, dans le présent siège, le défendre contre lel attaques de Vauban.

qu'on vouloit attaquer par cette tôte, dont la superficie étoit couverte d'un peu de terre, et le fond d'un rocher feuillu et ardoisé.]

Après la prise de la ville, le 6 du mois de juin, le Roi détacha de son armée un gros corps de troupes, parmi lequel étoient ses gardes du corps, gendarmes et chevau-légers, et l'envoya, avec dix pièces de canon d'augmentation, à M. de Luxembourg, dont l'armée fut alors de quatre-vingt-seize bataillons, cent soixantedix escadrons et quatre-vingt-quatorze pièces de canon ; et, sur l'avis qu'il reçut le même jour que les ennemis avoient décampé de Jodoigne pour venir à Hannut, sur la Geete, il quitta son camp de Longchamp sur les quatre heures du soir, et vint à Hemptinne'.

Le 7, le prince d'Orange fît faire deux mouvements à son armée par sa droite et par sa gauche, afin d'intriguer M, de Luxembourg, qui s'étoit avancé pour les observer: mais, ayant remarqué qu'ils reprenoient leur même camp, il revint à son armée, qui ne fit aucun mouvement.

Ce jour-là, le Roi fit passer son armée entre Sambre et Meuse pour faire commencer les attaques du château de Namur, et, ayant reconnu lui-même les postes que les ennemis tenoient dans le dehors sur les avenues du château, il fit avancer trois régiments de dragons à pied, soutenus de huit bataillons. Ces dragons escarmouchèrent vivement et chassèrent si bien les ennemis, qu'ils firent place nette et qu'on fit un grand logement sur la croupe de cette tète, qui resserra les ennemis de manière qu'ils ne purent plus passer outre.

1. Hemptinne-lès-Éghezée, à vingt kilomètres au nord de Namur.

169ÎJ irÉMOIRES DE SAINT-IIILAIRE. 215

Le 8, le prince d'Orange décampa d'Hannut et vint se poster sur les hauteurs au bas desquelles est la Méhaigne. Il mit à sa droite le village de Thisnes' et celui de Latinne^. M. de Luxembourg, qui avoit fort considéré la marche des ennemis de dessus une hauteur, s'apercevant qu'ils couloient par sa droite pour venir passer la Méhaigne dans ses derrières, s'il ne s'y opposoit promptement, fît vite marcher son armée et la mena dans la plaine d'Acosse^ vis-à-vis le terrain que l'ennemi venoit occuper, ayant la Méhaigne entre deux. [Toute l'armée se tint en bataille jusques à ce qu'on eût vu toute leur armée campée, et, dans cet entre-temps, ils firent descendre quelques troupes sur le bord de la Méhaigne, contre un gué qu'il y avoit en cet endroit. Alors M. de Luxembourg fit avancer vingt pièces de canon, qui firent quelques décharges pour faire retirer ces troupes. Les ennemis dressèrent incontinent plusieurs batteries, et tirèrent avec peu de succès, parce que les lignes étoient presque hors de portée; puis, ayant campé toute leur armée, M. de Luxembourg en fit autant à la sienne.]

On demeura tout le lendemain dans cette situation et jusqu'au jour suivant. M. de Luxembourg, considérant que les ennemis hasarderoient plutôt un combat d'infanterie qu'un combat général, parce qu'ils avoient moins de cavalerie et que celle du Roi étoit beaucoup meilleure, prit le parti de ne plus défendre le passage de la Méhaigne, sur laquelle ils jetèrent plus de cent

Page 1