Sur la rive gauche de la Méhaigne
3. Acosse-en-Hesbaye, sur un petit affluent de droite de la Méhaigne.
ponts, et il retira ses lignes en arrière, afin d'avoir un terrain plus étendu pour mieux mouvoir sa cavalerie et tomber sur l'ennemi avec toute son armée, [quand il auroit à moitié passé la rivière]. Ce mouvement [se fit le 1 0 juin au soir et] ôta l'envie au prince d'Orange de passer la Méhaigne et d'attaquer les François. Il eut eu une belle occasion pendant que ce mouvement se faisoit, [dont heureusement il ne fut point averti;] car, quoiqu'il ne fût que d'environ un quart de lieue en arrière, la nuit et les ordres mal exécutés mirent toute notre armée dans une confusion non pareille, qui fut encore augmentée par un grand orage. Il étoit neuf heures du matin avant que ce désordre fût réparé. Dans ce camp, l'armée du Roi eut sa droite à la Tombe de Vissoul, la censé derrière, et sa gauche au château et au village de Montigny\ celui d'Hemptinne et le ruisseau devant, et les Tombes de Séron entre les lignes^ M. de Luxembourg fit faire quelques retranchements devant son infanterie.
Le Roi fit ouvrir la tranchée en deux endroits devant le château de Namur, la nuit du 8 au 9, [qui ne fut guère avancée pendant icelle, à cause qu'il fallut faire des lignes parallèles pour resserrer les ennemis du dehors. Le 10, on dressa plusieurs batteries de canons et de mortiers, et on en plaça d'autres sur le bord de la Sambre et de l'autre côté de la Meuse, afin de battre les ouvrages de revers. La nuit suivante, on avança les tranchées de cent cinquante toises, en effleurant la pointe du chemin couvert du retranchement ou fort