‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 118 sur 210 · Actuellement ferme dépendant de la commune de Hanrct · texte numérisé non relu

Actuellement ferme dépendant de la commune de Hanrct

2. Tous ces lieux-dits se retrouvent assez facilement sur la carte de Belgique au 20 000^ éditée par le gouvernement belge.

de la Cassette, dans lequel on jeta plusieurs bombes, qui incommodèrent beaucoup les assiégés].

[La nuit du 1 0 au M , on continua la tranchée par sapes en avant et en embrassant tout le front de la croupe de la hauteur, où les ennemis avoient un retranchement sur le flanc de la Cassotte, et embrassant pareillement cette redoute et une maison, dont on leur ôta la communication, en sorte que tout le front fut parfaitement assuré contre les sorties qu'ils auroient pu faire.]

[Celle du 1 1 au 12, on ne fît que prolonger quelques sapes et élargir les boyaux; on prit aussi un petit poste qui gardoit une fontaine très utile aux assiégés.] [La nuit du 1 2l au 1 3 fut employée à élargir la tête de la tranchée et à faire des parapets en rampe pour faciliter la sortie des travaux aux troupes qui dévoient attaquer la Cassotte et le retranchement voisin. A cette fin, M. de Vauban, qui conduisoit le siège, fil les dispositions suivantes : quatre bataillons montèrent la tranchée, et quatre autres se postèrent dans un ravin qui étoit à la queue, pour soutenir les premiers en cas que les ennemis, qui étoient en force dans le château, tissent quelque sortie; et, pour attaquer les ouvrages, on fît venir à la tête de la tranchée quinze compagnies de grenadiers, cent cinquante de ceux qu'on appelle à cheval, deux cents mousquetaires du Roi et quinze cents fusiliers détachés de l'infanterie, qui formèrent trois rangs derrière ces troupes. Les bataillons de tranchée furent mis en bataille dans les places d'armes et un régiment de dragons à la queue de tout, avec un de cavalerie dans le dehors, pour soutenir ces troupes, en cas qu'il en fût besoin.]

[Elles sortirent toutes des tranchées dès qu'elles entendirent le signal, et attaquèrent en même temps le retranchement et la redoute de la Cassette, où il y avoit dans chacun quatre cents hommes. Elles entrèrent dedans après avoir essuyé à bout portant la décharge de l'ennemi, qui plia incontinent. Alors, on le chassa entièrement de ces ouvrages, et on le suivit, la baïonnette au bout du Tusil, jusques au chemin couvert du château, où il se retira. On leur tua environ quatre cents hommes, et entre autres un grand d'Espagne qu'on appeloit le comte d'Alme^ Pendant celte action, on fit un grand logement sur le sommet d'une hauteur voisine, d'où on découvroit entièrement les ouvrages du château ; car jusque-là le terrain s'étoit trouvé fort bossu.]

[Il fit alors, et plusieurs jours après la fin du siège, un temps si pluvieux et si épouvantable, que je ne crois pas qu'il s'en soit jamais vu un pareil dans une saison semblable. Les tranchées, qui alloient de bas en haut, recevoient toutes les eaux et en étoient inondées, joint à cela que, le fond du terrain étant ardoisé, il se faisoit une boue grasse dont on ne pouvoit se tirer. Les avenues du camp et de l'attaque étoient impraticables, tous les chevaux de harnois péris ou rebutés, si bien que le Roi fut obligé de donner ses mulets et toutes les bêtes de somme de ceux de sa cour et de l'armée pour voiturer les munitions de guerre et les porter aux attaques. Il sembloit que les éléments avoient conjuré, plus que le prince d'Orange, contre le bon succès de ce siège, et il ne fallut pas moins que la présence du

1. C'était François-Charles de Castro, fils du comte de Lemos, âgé de vingt-deux ans.

Roi, tous ses soins et toute sa constance, pour en avoir une heureuse issue*. Malgré tous ces obstacles, le siège continua toujours, et on ne perdit aucun moment de temps.]

[La nuit du 13 au 14 juin fut employée à assurer les logements commencés et à rétablir les travaux, où les assiégés avoient aussi jeté quantité de bombes, tant du château que du fort d'Orange, que l'on commença d'embrasser par de nouvelles tranchées. On fit aussi des batteries de canons et de mortiers sur la hauteur.] [Celle du 14 au 15, la tranchée fut poussée sur le glacis de l'ouvrage à corne, ou première enveloppe du château. On assura les communications de la droite à la gauche, et on ouvrit des sapes pour embrasser l'ouvrage d'Orange, contre lequel on fit une nouvelle tranchée du bas de la Sambre contre l'abbaye de Salzmne^, qui fut poussée cent cinquante toises en avant. On continua aussi de bien établir la tête des travaux.]

[La nuit du 15 au 16, on poussa sur la droite plusieurs sapes en avant pour embrasser les ouvrages. On s'étendit pareillement à la gauche, de même qu'à l'attaque de l'abbaye, où l'on fit un grand travail, afin d'embrasser une hauteur sur laquelle ceux du fort d'Orange avoient un avant-chemin couvert; on se logea à mi-côte de cette hauteur.]

[Celle du 16 au 17 juin, on continua les communica-

1. Voyez le récit conforme du duc de Saint-Simon, témoin oculaire [Mémoires, t. I, p. 42-43 et 45), au sujet de ce mauvais temps exceptionnel.

2. Abbaye de cisterciennes fondée au xn" siècle et située sur la rive droite de la Sambre, au pied de la citadelle.

lions des travaux sur le glacis, en engageant le chemin couvert du premier ouvrage à corne du château, et on poussa une double sape entre les ouvrages du château et ceux du fort d'Orange, pour essayer d'en ôter la communication, et on s'étendit beaucoup sur les têtes. On poussa aussi une ligne le long du bord de la Sambre jusques à une redoute de la ville, afin d'ôter tout à fait l'eau de ladite rivière aux assiégés et celle qu'ils pouvoient puiser dans des sources au versant de la montagne.]

[Le même jour 17, l'armée du prince d'Orange décampa de Thisnes et vint à TaviersS mettant sa droite à Perwez- et sa gauche à Branchon^, ayant toujours la Méhaigne en tète. Ce mouvement fit revenir M. de Luxembourg à Longchamp. Cette marche se fit avec tant de justesse, que les têtes et les arrière-gardes de ces deux armées marchèrent toujours à même hauteur et à vue l'une de l'autre, la Méhaigne entre deux. M. de Luxembourg mit sa droite près Boneffe' et sa gauche vers Bovesse^.]

[La nuit du 17 au 18, ceux du château firent une sortie sur les travailleurs et bouleversèrent environ trente toises de tranchée. A la faveur de cette sortie, ils établirent un logement en dehors de leur chemin couvert, sur la crête de la hauteur, et le fortifièrent de palissades et de chevaux de frise.]

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