‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 12 sur 210 · Tome 1, p · texte numérisé non relu

Tome 1, p

3. Saint-Hilaire est peut-être seul à donner cette cause de la disgrâce de Pomponne. Saint-Simon [Mémoires, éd. Boislisle, t. VI, p. 342-344), M"" de Sévigné (Lettres, t. VI, p. 87, 136 et 140)' Gourville, Bussy-Rabutin, Spanheim, etc., s'accordent pour l'attribuer à sa négligence à faire connaître au Roi la conclusion du mariage du Dauphin.

4. Au contraire de notre auteur, tous les contemporains, s ils reconnaissent unanimement la médiocrité de Croissy, sont d'accord sur la haute valeur de Pomponne.

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qui avoient affaire à lui, quoique, dans le fond, il fût assez bon homme et eût quelque teinture du monde * . Du reste, ses mœurs étoient irréprochables, et, pour preuve, c'est qu'il n'est pas mort riche.

Caractère de M. de Seignelay. — M. de Seignelay, son neveu, avoit toute la capacité du monde; mais l'amour qu'il avoit pour les plaisirs lui causoit souvent de grandes distractions^. Son esprit étoit juste et transcendant, et prenoit si fort le dessus dans le Conseil, que M. de Louvois, avec tout son pouvoir, n'avoit pas la force de le contredire, (jucique envie qu'il en eût. Il l'auroil, tout à fait redouté, si sa vie molle et voluptueuse n'avoit pas étouffé, pour ainsi dire, l'inclination que le Roi se sentoit pour lui. Il faisoit quelquefois des efforts de dévotion, peut-être de bonne foi; mais les plaisirs des sens prenoient toujours le dessus de sa raison. Il étoit somptueux, magnifique et de bon goût en tout, et c'est un grand dommage que ses excès l'aient mis au tombeau à la fleur de son âge.

Après avoir donné l'idée du caractère de ces trois nouveaux ministres, je dirai que la guerre que les Turcs venoient de commencer contre l'Empereur fixoit l'attention du monde entier'. Le grand vizir Kara Mustapha

1. U gâtait ses bonnes qualités, dit Saint-Simon, par « l'humeur et la brutalité naturelle de sa famille ».

2. Ce portrait s'accorde avec ceux qu'ont tracés de Seignelay tous les contemporains (Spanheim, Relation, éd. Bourgeois, p. 383 et 391; Saint-Simon, Parallèle, p. 221; Argenson, Mémoires, éd. Janet, t. I, p. 9; Relazioni, série Francia, t. III, p. 381-382, etc.); l'amour immodéré des plaisirs et un luxe grandiose étaient les traits distinctifs de son caractère : « C'est la splendeur qui est morte, n écrivait alors M""* de Sévigné.

3. Voyez ci-après (p. 27) ce que Saint-Hilaire va dire des sources de son récit de la délivrance de Vienne.

avoil assemblé sous Belgrade une armée de trois cent mille hommes, et l'Empereur n'en avoit pas plus de quarante mille à lui opposer. Il avoit, à la venté, conclu un traité d'alliance avec la Pologne \ dont la cour de France n'avoit pas paru contente; mais la lenteur avec laquelle le roi de Pologne, sujet à des retours, eRectuoit le traité^, donnoit lieu à la cour de Vienne de craindre qu'elle n'en retireroit que peu d'utilité. Malgré cette défiance, M. de Lorraine^, général de l'armée de l'Empereur, ne laissa pas d'assiéger NeuhauseH ; mais, les Turcs approchant de lui, il tut contraint de lever le siège et de faire passer ses troupes avec précipitation dans nie de Romorn\ Les Turcs feignirent d en vouloir à Raab, afin de mieux donner le change a M. de Lorraine, et jetèrent des ponts sur la rivière; mais, sans s'arrêter a cette place, le grand vizir fit passer cette rivière a son armée avec une diligence extrême et détacha aussitôt les Tartares, qu'il suivit de près, pour aller investir Vienne, qui s'attendoit si peu a une pareille aventure, que les paysans, à quatre heues a la ronde, faisoient tranquillement leur moisson et que les habitants alloient par pays, comme si les Turcs eussent été encore fort éloignés.

1. A Varsovie, le 31 mars {Corpx diphmadquc de Uu Mont, t. VII, 2* partie, p. 62-64). . , ,

2. Ce traité n'avait été signé que sous la pression de la reine Marie-Casimire et du nonce du Pape, Sobieski étant plutôt porté vers l'alliance française.

3. Le duc Ciiarles V, que nous avons vu dépouiller de ses États par Louis XIV. ...;„►

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