François de Neufville, maréchal de France en
4. Jean-Baptiste de Cassagnet, marquis de TiUadet, neveu de Louvois, était lieutenant général depuis 1678 et capitaine des cent-suisses; il fut blessé à mort dans cette charge.
5. Jean, chevalier puis comte de Gassion, lieutenant des gardes du corps depuis 1687, sera nommé maréchal de camp après Steinkerque et mourra en 1713.
menèrent, l'épée à la main, charger les ennemis, qui les attendoient de pied ferme ; mais ils furent bientôt ébranlés. On en tua un grand nombre à coups de piques et d'épées, et on les chassa de ce postée En les poursuivant en bon nombre, on leur fit aussi quitter la hauteur de Stoquois, et l'on s'y établit, [en bordant la haie contre la cavalerie ennemie qui étoit en bataille au delà]. On se maintint dans cette situation, après avoir repris le canon qu'on avoit perdu et dix pièces de celui des ennemis. Ceux-ci, ayant rallié quelques bataillons, les firent couler sur le flanc droit de la ligne ; mais cette manœuvre fut remarquée par M. le prince de Conti, qui se porta de ce côté avec le chevalier de Gassion et six bataillons, qui chassèrent l'ennemi des haies du flanc, dont il s'étoit déjà empai^é; il le mena battant de haie en haie jusque sur sa cavalerie, qui s'avança inutilement pour faire reprendre poste à l'infanterie.
Sur cette droite, l'ennemi tenoit encore le Bois- Moriau, et. Monsieur le Duc ayant joint M. le prince de Conti, ils résolurent de l'en chasser, ils le firent charger par une brigade d'infanterie, qu'ils y conduisirent eux-mêmes, secondés par M. de Vendôme. Les ennemis, après quelque résistance, quittèrent ce poste, et furent poursuivis jusque sur le bord d'une petite plaine où étoit leur cavalerie 2. Les princes mirent leurs troupes en bataille [derrière la haie qui la bor-
1. II faut lire dans la relation du maréchal de Luxembourg {Dangeau, p. 145, note) les éloges qu'il donne à la bravoure des deux régiments des gardes et des princes et officiers généraux qui marchèrent à leur tête.