Innocent XII (Antoine Pignatelli), élu pape en
armée en Italie pendant cette campagne que durant la précédente, parce qu'il y espéroit quelque diversion : d'où il arriva que les ennemis y furent maîtres de la campagne. Tout ce que put faire M. de Catinat fut de garderies avenues du Dauphiné tant bien que mal ; car, M. de Savoie ayant reçu un renfort de troupes impériales et angloises, avec des régiments de François réfugiés, sous le duc de Schonberg', un des fils du feu maréchal de ce nom, et une bonne somme d'argent, il fut en état de prendre l'offensive. Il partagea son armée en cinq corps, afin de donner partout de l'exercice à M. de Catinat et l'obliger à diviser ses forces. Le premier corps, sous le marquis de Pianesse, rentré dans les bonnes grâces de son maître^, alla camper à Fressines du Pô^ près de Casai, pour resserrer la garnison de cette place et la bloquer. L'autre, sous le général Palffy^ s'avança du côté de Suse. Le troisième, sous M. de Leganès, vice-roi de Milan ^ alla se placer aux Hoquets, près de Pignerol. Le marquis de Parelle mena le quatrième dans la vallée de Barcelonnette, et le cinquième, composé de vingt mille hommes, dont une partie étoit des religionnaires soudoyés par l'Angleterre, entra dans le Dauphiné par le col de Guillestre. Il étoit conduit par M. de Savoie, qui en chassa quelques milices envoyées pour défendre le passage,
1. Charles de Schônberg, qui fut tué l'année suivante à la bataille de la Marsaille.