‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 143 sur 210 · Jean, comte Palffy (1663-1651), originaire de Croatie · texte numérisé non relu

Jean, comte Palffy (1663-1651), originaire de Croatie

5. Diégo-Marie de Guzman, marquis de Léganès, était gouverneur et vice-roi du Milanais depuis 1691; disgracié à l'instigation de M"» des Ursins, il mourut interné à Paris en 1711.

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qui étoit le plus difficile de tous. Ce prince y fit aussi passer quelques pièces d'artillerie, avec des penies infinies, et vint assiéger Embrun, qui n'est fortifié que de quelques murailles mal flanquées.

M. de Catinat y jeta trois mille hommes sous M. de Larray, maréchal de camp^ et très brave officier; il envoya aussi des troupes à Grenoble pour rassurer cette capitale, en fit passer d'autres à Pignerol, qui se retranchèrent sur la hauteur de Sainte-Brigitte, en mit é-alement à Briançon, et se tint, avec le reste de l'armée sur le Mont-Genèvre, pour tenir le passage contre ce qui pourroit venir par la vallée de Saint-Martin et

le Pragelas. .

Cependant l'entrée du duc de Savoie en Dauphine ne laissa pas de donner grandes alarmes. Le prince d'Orange fit afficher des placards en plusieurs lieux de cette province, par lesquels il exhortoit tous les relic^ionnaires ou nouveaux convertis voisins de prendre Tes armes sous sa protection, et de se joindre à ses troupes, pour se venger, disoient-ils, des insultes qui leur avoient été faites, et des persécutions qu ils avoient souffertes pour cause de religion, et pour rétablir la liberté de conscience dans tout le royaume : a quoi il ajoutoit beaucoup d'autres grandes et magnifiques promesses, qui n'eurent aucun succès; car, par une fidélité que l'on ne sauroit trop louer, et à laquelle on ne s'attendoit pas, aucun des nouveaux convertis ne remua. Au contraire, avec les anciens catholiques, ils abandonnèrent les bourgs et les villages, après avoir gaspillé le peu de vivres qu'ils ne purent emporter,

1. Louis de Lenet, marquis de Larray, maréchal de camp eu 1688, lieutenant général en 1693.

et brûlé tous les fourrages, en sorte que l'armée ennemie ne put subsister plus longtemps en cette province, fort stérile d'elle-même, et fut obligée, par la disette qu'elle y souffroit, de se retirer en Piémont après la prise d'Embrun, qui se défendit bravement*. [Elle fit quelques courses en cette province, où elle mit le feu en plusieurs endroits', et notamment dans les terres du comte de Tallard^, par vengeance de quelques brûlements qui s'étoient faits sous sa conduite dans les terres de l'Empire d'où il étoit chargé de tirer des contributions.]

[Cette armée se retira donc en Piémont, après avoir rasé les murailles d'Embrun et avoir employé six ou sept semaines à ce voyage, pendant lequel elle souffrit de grandes peines et de grandes incommodités par la difficulté des chemins et la rareté des vivres, qu'elle étoit obligée de tirer du Piémont à force de bêtes de somme.] M. le duc de Savoie tomba dangereusement malade de la petite vérole, qui le prit en Dauphiné, d'où il fut contraint de partir étant encore en danger, tant les besoins de son armée étoient pressants. M. de Catinat auroit bien souhaité de charger l'arrière-garde lorsqu'elle repassa les montagnes; mais il ne le put, à cause des longs défilés qui étoient entre lui et l'en-

1. Embrun, investi le 5 août, capitula le 15, lorsque les batteries ennemies turent prêtes à tirer; la place manquait de munitions et n'aurait pu se défendre.

2. Gap, abandonné par ses habitants, fut entièrement détruit; voyez une lettre de M. Bouchu, intendant en Dauphiné, datée du 11 septembre, dans la Correspondance des contrôleurs générau.r (t. I, n" 1114), ainsi que les autres lettres indiquées à cette occasion.

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