On peut en voir l'énumération dans l'imprimé de la
Gazette.
2. Gilbert Burnet (1643-1715), d'origine écossaise, cliapelain et conseiller intime du prince d'Orange, était évêque de Salisbury depuis 1689; il composa une Histoire de la révolution d'Angleterre, qui ne fut publiée qu'en 1724.
et soldats de terre et de mer qui accepteroient le pardon avant de s'engager en aucun combat contre ses troupes ;
1 r Qu'il maintiendroit l'église anglicane ainsi qu'elle étoit établie par les lois ;
ISl" Que, pour faire cesser à l'avenir tout prétexte de divisions au sujet des sentiments différents de religion, et, étant persuadé que la liberté de conscience est conforme aux lois et à l'esprit de la religion chrétienne, il est résolu de recommander fortement à son Parlement de l'établir d'une manière si avantageuse, qu'elle pût attirer une bénédiction de longue durée sur son royaume ;
1 3° Qu'il s'emploiera à chercher et exécuter tout ce qui pourra contribuer à rétablir la grandeur de la monarchie angloise sur ses anciens et véritables fondements, qui sont l'intérêt commun et l'affection du peuple ;
1 4° Il concluoit que, si les Anglois demeuroient assez obstinés pour prendre les armes contre lui, ils mériteroient d'être traités suivant toute la rigueur de la justice.
Pour peu qu'on fasse réflexion sur cet écrit, on jugera qu'il fut publié sur l'un ou l'autre de ces deux motifs : ou le roi Jacques comptoit sur ses intelligences en Angleterre et croyoit son rétablissement inmanquable ; ou bien on étoit persuadé que les grands préparatifs de la France pour ce rétablissement et tout le fracas qui s'en faisoit étoient pour empêcher le passage du prince d'Orange en Flandre et donner plus de facilité au Roi d'exécuter le projet qu'il avoit formé. Quoi qu'il en soit, le prince d'Orange ne donna point là-dedans ;
il laissa de bons ordres à la princesse sa femme, qui éloit très habile, et, jugeant mieux que personne qu'il n'avoit rien à craindre des Aiiylois, ni de l'armement du roi Jacques, il passa en Flandre, où il arriva ce que j'ai déjà rapporté.
Le roi Jacques, étant arrivé en Normandie vers la fin du mois d'avinl, y fit embarquer, sur quantité de bâtiments de transport qu'on avoit préparés, les équipages et les chevaux de la cavalerie. Puis, sur les nouvelles qu'on reçut que l'armée navale, commandée par M. de TourvilleS avoit été contrainte par une rude tempête de relâcher dans les ports de Bretagne, en attendant qu'elle pût se remettre en mer, ces troupes débarquèrent et se tinrent à Cherbourg, la Hougue et le Havre, où elles dévoient s'embarquer.
Enfin M. de Tourville se mit en mer, seulement avec quarante-quatre vaisseaux de ligne-, et, comme il avoit eu avis que les ennemis y étoient déjà, et que son ordre étoit de les aller chercher fort ou foible, il marcha droit à eux, sans attendre le comte d'Estrées^ qui venoit de la Méditerranée avec plusieurs autres vaisseaux pour le joindre. [Cela confirma l'espérance qu'on s'étoit donnée que l'armée angloise, ou tout au moins partie, prendroit le parti du roi Jacques, car on savoit de science certaine qu'eux et les HoUandois avoient le double de vaisseaux; mais on fut fort étonné
1. Anne-Hilarion de Costentin, comte de Tourville (1642- 1701), avait été nommé vice-amiral du Levant en novembre 1689;' le Roi lui donna le grade de maréchal de France en mars 1693.