‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 147 sur 210 · Le chevalier de Combes était capitaine de vaisseau depuis · texte numérisé non relu

Le chevalier de Combes était capitaine de vaisseau depuis

Comme on avoit navigué toute la nuit, on se trouva, à huit heures du matin, à une lieue au vent des ennemis. Cette avance auroit pu suffire pour se tirer d'affaire, si le Soleil^, monté par M. de Tourville, le plus beau et magnifique vaisseau qu'il y ait jamais eu, n'eût mal navigué parce qu'il avoit été très maltraité pendant le combat. Ainsi, il retardoit toute l'armée. Vers les six heures du soir, on fut obligé, pour étaler le flot, de mouiller par le travers de Cherbourg, à demi-lieue des ennemis, qui suivoient l'armée.

Cela fit prendre deux partis à M. de Tourville : le premier, de changer de vaisseau, ce qu'il n'avoit pas voulu faire plutôt dans la crainte que le Soleil ne tombât entre les mains des ennemis; le second, de prendre la route du Raz-de-Blanchart, qu'il espéroit de passer par le jusant, et, par le moyen des courants, devancer les ennemis, qui prenoient celle des Casquets. [Le Razde-Blanchart est un canal qui est formé d'une part par la côte du Cotentin depuis le cap de la Hougue jusques à Flamanville, et de l'autre par les îles d'Aurigny et de Guernesey. Il a environ cinq lieues de long et une lieue et demie de large; les courants y sont très violents, et le fond mauvais.]

On leva l'ancre de devant Cherbourg à onze heures du soir, et on entra dans le Raz. Cette route avoit presque réussi, et, à cinq heures du matin, on se voyoit à quatre lieues des ennemis, et, des trentecinq vaisseaux, vingt avoient déjà passé le Raz, et les quinze autres, dont étoit M. de Tourville, n'en étoient

1689; il deviendra en 1703 commissaire général de l'artillerie de la marine à Brest.

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