‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 175 sur 210 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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169i] MÉMOIRES DE SAINT-HILAIRE. 341

indispensablement obligés de leur faire recouvrer tout ce qu'ils avoient perdu depuis la paix des Pyrénées; mais, comme, dans ce temps-là, les Turcs reprenoient le dessus en Hongrie, [et que l'armée impériale se trouvoit fort pressée par eux, et même dans une espèce de péril évident *,] l'Empereur rechercha d'entrer en une négociation secrète avec la France [pour éviter les oppositions et les longueurs qui ont coutume de survenir dans un traité public. Il se flatta que, faisant ses conditions particulières bonnes, et celles de ses alliés, il les porteroit facilement à accepter le traité, d'autant plus que le parlement d'Angleterre se lassoit fort de fournir des subsides dont la cause commune ne tiroit pas de grands avantages. Il y a de l'apparence que le Roi se persuada de son côté que, en faisant le parti de l'Empereur un peu bon, il passeroit par-dessus bien des considérations à l'égard des autres, pourvu toutefois que la sûreté commune de son parti s'y rencontrât, et que, en signant un traité général avec ce prince, il en arriveroit que le reste de la ligue seroit bientôt contrainte de l'accepter. Outre cela, le Roi eut peut-être en pensée que l'Empereur seroit bien aise de rendre la pareille aux Hollandois et de leur faire ressentir qu'il n'avoit pas perdu la mémoire de la manière dont ils en avoient usé à son égard à la paix de Nimègue^]. Ainsi l'Empereur convint avec le Roi d'envoyer incessamment leurs ministres en Suisse, où ils traiteroient cette affaire en grand secret.

1. Voyez les correspondances de la Gazelle pour les mois de mai, juin, juillet et août 1694.

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