‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 184 sur 210 · A quatorze kilomètres au nord-ouest d'Huy · texte numérisé non relu

A quatorze kilomètres au nord-ouest d'Huy

quarante mille hommes, [et il lui fit passer le Rhin à Philipsbourg les premiers jours de jumS pour la mener camper à Bruchsal, puis à Niederwesen^, ou elle s'étendit dans le pays]. ^

L'armée de l'Empereur, suivant sa coutume, n etoit pas encore toute assemblée, et le prince de Bade, qui la commandoit et avoit été fort malade, n'avoit pu mettre ensemble que vingt-cinq mille hommes. [Lorsqu'il apprit que les François avoient passé le Rhm, il envoya aussitôt des troupes pour hâter la marche du surplus de celles qui dévoient le venir joindre, et, en les attendant, ne laissa pas de venir se poster à Sinzheim et Eppingen pour s'opposer au maréchal et empêcher qu'il ne se jetât sur le Wurtemberg. Son autre vue tut de tâcher d'obliger les François de repasser le Rhin en leur donnant jalousie de ce côté-là. A cet effet, U fit passer à Mayence le landgrave de Hesse avec ses troupes, et lui envoya une quantité de houssards, qm firent des courses du côté de l'Alsace. Cela tut cause que le maréchal de Lorge envoya le comte de TaUard, avec vinot escadrons, camper sur le Spirebach, afin de réprimer les courses des houssards et veiller à ce qm se passeroit de ce côté-là, tant pour soutenir les redoutes que l'on avoit élevées le long du Rhin, aux endroits où les ennemis auroient pu faire des ponts, que pour les empêcher de les achever, en cas qu ils voulussent l'entreprendre et lui donnerle temps d arriver. Après ces premières démarches, le maréchal de

9' Ce«! localitrque les cartes du xvu.» siècle appellent Niede;wessing, au sud de Bruchsal, est appelée Wossmgen sur les cartes modernes.

Lorge tomba malade et laissa l'armée sous le commandement du maréchal de Joyeuse*. Celui-ci la mena camper à Root et à Walsdorf, sur le chemin de Philipsbourg à Heidelberg.]

Le prince de Bade ne tarda pas à s'approcher de l'armée de France, et il y eut même un petit combat entre des partis de cavalerie, soutenus par de plus gros corps : la perte fut à peu près égale ; mais le prince de Bade fit tant de manèges de gueiTe, qu'il [vint camper à Langenbrucken-, et, dans cette situation,] ôta au maréchal de Joyeuse la communication de Philipsbourg, d'où il tiroit ses vivres, et l'obligea de repasser le Rhin ; [et, comme il ne le pouvoit faire à Philipsbourg, il en fit descendre un pont de bateaux, qui fut dressé vis-à-vis Jlannheim, sur lequel il repassa le Rhin sans accident] .

Alors, le landgrave de Hesse partit de Mayence pour aller joindre le prince d'Orange, qui assiégoit Namur, et le maréchal de Joyeuse fit un détachement de son armée pour passer en Flandres aux ordres du maréchal de Villeroy. Il s'avança ensuite vers Mayence, [qu'il fit mine de vouloir bombarder,] et il dévasta tout le pays. Le prince de Bade envoya aux ordres de M. de Thungen^, qui étoit gouverneur de cette %ille, un détachement de son armée d'environ quinze mille hommes, et vint lui-même camper à Dourlach, répan-

1. C'est le 23 juin que le maréchal de Lorge fut attaqué d'une « fièvre pourprée ».

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