Histoire militaire, p. l/b-l/o- ^ eiaii j-'i- " i
commandait dans Palamos.
ils donnèrent bien des alarmes du côté de Toulon et de la Provence, [qui n'aboutirent à rien de fâcheux par le bon ordre que le maréchal de Tourville avoit mis tout le long de la côte,] ils en eurent une autre dans l'Océan, sous le commandement de Mylord Berkeley \ composée de vingt-huit gros vaisseaux de guerre, vingt frégates, [neuf brûlots, dix-neuf galiotes à bombes,] quatorze vaisseaux plats et quatre ou cinq autres bâtiments qu'ils appelloient des machines infernales; ils étoient chargés de canons, bombes, carcasses, tonnes de poudre et feux d'artifices, auxquels ils mettoient le feu par des saucissons lorsqu'ils étoient près de terre, [pour les faire arriver, lorsque la marée montoit, contre les petits forts et les jetées de nos places du bord de la mer. Par ce moyen, ils prétendoient les détruire, pour faire approcher en sûreté leurs galiotes à bombes de nos villes, et les mieux bombarder] . Le Roi, qui fut averti de bonne heure du grand armement maritime de l'ennemi, et qui ne pouvoit lui opposer en mer d'égales forces, se contenta de lâcher plusieurs armateurs sur les vaisseaux de commerce de l'ennemi, [qui y firent bien leurs affaires, et de si bien pourvoir à tout le long des côtes, que les ennemis n'osassent y faire aucune descente, ni approcher suffisamment de ses villes maritimes pour les bombarder avec un dommage notable. Comme je l'ai déjà dit, le
1. John Berkeley, né en 1663, entra dans la marine en 1681 et se rallia à Guillaume III, qui le fît en 1693 vice-amiral de la flotte bleue; il avait pris part aux bombardements de Brest et de Saint-Malo, et, en 1696, participa aux expéditions sur l'île de Ré et sur Belle-Isle; il mourut de maladie le 27 février
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maréchal de TourviUe fut envoyé en Provence, et donna de si bons ordres à Toulon et tout le long de la côte, que les ennemis ne firent que s'y présenter.] M. de Vauban alla commander en Bretagne, et on lui donna quelques troupes, outre celles de la marine, pour le mettre en état de s'opposer aux descentes qui pourroient survenir, [et il pourvut à toutes ces côtes avec toute l'habileté dont il est capable]. Le Roi envoya le maréchal de Choiseul commander en Normandie, [où le péril étoit plus grand pour les descentes,] et lui donna une petite armée.
L'armée des ennemis mit à la voile des côtes d'Angleterre, et se présenta cà la vue de Saint-Malo vers le 15 juillet 1. Le général détacha d'abord neuf galiotes à bombes, soutenues de quelques frégates, qui vinrent bombarder les forts, espérant démonter le canon et, par ce moyen, faire avancer leurs autres gahotes plus près de la ville avec moins de péril; mais, le succès ne répondant pas cà leur attente, ils lâchèrent contre un des forts une de leurs machines infernales, qui sauta, mais ne détruisit pas le fort, comme ils l'avoient espéré. Cependant, à la faveur de l'épouvante qu'elle causa, leurs galiotes, soutenues de leurs frégates, s'approchèrent plus près de la ville et la bombardèrent pendant quatre ou cinq heures avec peu de succès^, [et beaucoup de péril pour eux, car, toutes les batteries des forts et de terre faisant grand feu sur ces bati-
1 Gazette, p. 239-240; Gazette d'Amsterdam, n» lx et Extraordinaire; vol. Guerre 1310 et 1311, nombreuses lettres du maréchal de Choiseul, de MM. de Canisy et de Samte-Maure.
2. Gazette, p. 240; il n'y eut que cinq ou six maisons d endommagées.
ments, et les deux galères qui sont à Saint-Malo, avec quelques chaloupes armées, sortant alors sur l'ennemi, il dut se retirer avec perte de deux frégates, de deux ou trois galiotes, de plusieurs officiers et d'environ deux cents hommes ; ils eurent outre cela plusieurs bâtiments endommagés] .
[Cette expédition achevée, l'armée d'Angleterre remit à la voile et vogua sur l'ile de Guernesey, d'où l'amiral détacha quelques frégates et sept ou huit galiotes, qui vinrent bombarder la petite ville de Granville, sur la côte de Normandie.] Après cela, le détachement rejoignit la grande armée, qui remit à la voile et se présenta devant Dunkerque, qu'elle voulut bombarder; mais, comme la rade est éloignée et les approches difficiles [à cause des bancs et du feu des batteries des forts et de la jetée], leurs galiotes ne purent approcher, et aucune des bombes qu'elles jetèrent ne parvint jusques à la ville^. La machine infernale qu'ils lâchèrent contre la jetée, et qui prit feu, n'y fit même aucun dommage. Ainsi, tout cet attirail fut inutile, et l'armée vint se présenter devant Calais, où elle crut trouver plus de facilité. Les Anglois jetèrent quelques bombes dans la ville, qui y causèrent un très petit dommage^; [mais aussi ils ne purent guère rester en présence, car les feux des batteries des forts et de la jetée, joint à celui des deux demi-galères et de plusieurs barques armées qui s'avancèrent à la tête de la jetée, éloignèrent les galiotes, qui ne firent aucun effet
i. Les ennemis profitèrent de la grande marée de la nouvelle lune du 11 août pour commencer le bombardement, qui ne fît aucun dommage [Gazette, p. 263 et 270-271).