‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 195 sur 210 · Ci-après, p · texte numérisé non relu

Ci-après, p

prendre, il laissa son infanterie derrière, et ne prit que les "grenadiers avec sa cavalerie. Étant arrivé le T' juin, sur les neuf heures du matin, au commencement du défilé et du bois qui couvroit les Espagnols, [il fit marcher ses grenadiers par manches à droite et à gauche de sa cavalerie, leur fit border la tête du défilé et du bois sitôt qu'ils y furent parvenus, et remplit le vide avec six escadrons, qui fut tout ce qu'il put mettre de front. Le corps espagnol, qu'il trouva au débouché à l'entrée de la petite plaine, étoit de douze escadrons; il ne laissa pas de les faire charger malgré l'inégalité, et, par ce moyen, de se faire faire un peu de place. Les six escadrons françois chargèrent bravement, se rallièrent à la faveur du feu des grenadiers et firent perdre un peu de terrain aux Espagnols. Pendant ce temps, six autres escadrons françois passèrent le défilé, et, doublant sur les premiers, se trouvèrent alors en front égal aux Espagnols, qui se rompirent à la seconde charge. Le reste de la cavalerie françoise, qui arrivoit toujours dans la plaine, et le feu des grenadiers acheva de les mettre en déroute.] Une partie se sauva par les montagnes ; l'autre gagna les retranchements ; et les ennemis perdirent en cette occasion environ mille chevaux, plusieurs paires de tmibales et des étendards ; ils eurent aussi quelques officiers tués et pris. Les François ne perdirent que deux ou trois cents chevaux *.

Après cette déroute, le duc de Vendôme s'avança

1. Ce combat prit le nom d'Hostalrich et fit grand honneur au duc de Vendôme; il y a des détails assez précis dans les Mémoires de Sourches, t. V, p. 148-150, et dans la Gazette, p. 283-284.

sur les retranchements des ennemis, et le comte de Longueval, lieutenant générais s'en étant approché un peu trop près, fut tué de plusieurs coups qui en partirent.

Pendant ce temps, l'infanterie françoise arriva; mais, comme elle n'étoit pas supérieure à celle d'Espagne, qui se trouvoit très bien postée, M. de Vendôme ne jugea pas à propos de l'attaquer. [Il se vint camper entre Hostalrich et BlanesS à dessein de couper les vivres aux Espagnols, qui leur venoient par mer de Barcelone à Blanes, d'où ils passoient dans leur camp. 11 tâcha par ce moyen de les déposter; mais il ne put y réussir : car ils tirèrent leurs vivres d'autres endroits et par d'autres moyens.]

M. de Vendôme fit occuper toutes les petites villes des environs de son camp, dont les Espagnols avoient retiré leurs garnisons. [Leurs galères lui prirent un petit convoi de vivres qui lui venoit par mer. Le chevalier d'Aubeterre, lieutenant général et gouverneur de CollioureS lui en amena un par terre plus considérable, et donna avis à M. de Vendôme que les Espagnols avoient fait dessein d'attaquer ce convoi pendant sa marche. Sur cela, ce général alla lui-même audevant avec deux mille chevaux et tous les grenadiers de l'armée, et tendit une embuscade aux Espagnols sur le chemin qu'ils dévoient tenir; mais, comme ils en furent avertis auparavant, il ne parut rien que

1. François-Annibal, comte de Longueval, était lieutenant général de la promotion du 3 janvier précédent; il fut enterré dans l'église d'Hostalrich.

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