Le 3 juin
2. Village au delà de la Murg, à trois kilomètres de Rastadt.
petits ruisseaux qui les empêchoient de s'approcher de plus près. [Après avoir demeuré quelques jours en cette situation et consommé les fourrages des environs,] le maréchal de Choiseul fut averti qu'un nouveau corps de troupes allemandes s'asseiîibloit sous Mayence. Sur cet avis, il fit un détachement de son ai^mée pour aller se porter à la tête de la Basse- Alsace, afin de la couvrir, et marcha lui-même avec tout le reste jusqu'au Fort-Louis, pour escorter ce détachement, qui y passa le Rhin; puis il vint camper à Offenbourg sur la Kinzig. [Comme il y étoit, l'armée impériale retourna camper aux environs de Philipsbourg, et le pruice Louis en détacha un petit corps sous le comte de Furstenbergi gt sous M. de Vaubonne^, qui passa par les montagnes et vint dans la vallée de la Kinzig pour amuser le maréchal et l'inquiéter dans ses fourrages, pendant que le prince Louis se préparoit à passer le Rhin au-dessous de Philipsbourg pour menacer la Basse-Alsace ou entreprendre sur le château d'Ébernbourg, que les François tenoient dans le Palatinat avec une garnison de quatre cents hommes. Le maréchal de Choiseul, en étant averti, envoya au fort de Kehl, qui tient la tête du pont de Strasbourg du côté de l'Allemagne, trois ou quatre bataillons et autant d'escadrons, pour y rester tant que le comte de Furstenberg demeureroit encore dans la vallée de Kinzig, et il mena son armée repasser le Rhin au Fort-Louis, d'où elle
1. Charles-Égon, comte de Fûrstenberg-Mœskirck, lieutenant-maréchal général des armées impériales; il mourut en
2. Joseph Guibert, marquis de Vaubonne, d une famille du Comtat-Venaissin, était au service de l'Empereur depuis longues années et avait la réputation d'un excellent partisan.
continua sa marche à travers la Basse-Alsace jusques au Spirebach K Le marquis d'Huxelles, lieutenant général, se campa à Rutsheim avec un gros détachement de l'armée, et le maréchal à Neustadt, ayant des postes de l'un à l'autre pour tenir la rivière et établir la communication.]
[Le prince Louis, qui avoit passé le Rhin à Mayence, où les Munstériens et quelques troupes palatines étoient venues renforcer son armée, la mena camper à Kreuznach sur la Nahe, et alla reconnoître la petite ville et le château d'ÉbernbourgS dont il voulut faire le siège, et qu'il fit investir. Il consomma quelques jours à faire les préparatifs qu'il estima nécessaires et à attendre sa grosse artillerie. Puis, le 1 8 septembre et une partie du 19, il fit battre la petite ville à coups de canon et de bombes, et s'en empara sans y trouver de résistance; car, comme elle n'étoit pas tenable, les François l'abandonnèrent pour se retirer au château, qu'ils avoient un peu fortifié, et qu'ils défendirent jusqu'au 27, que la place fut rendue^] Ce même jour, le prince Louis notifia qu'il avoit eu avis de la suspension d'armes entre la France et l'Empire signée à Ryswyk* : ce qui fit cesser toutes les hostilités de part et d'autre.
1. Saint-Simon, qui servait pendant cette campagne dans l'armée d'Allemagne, a raconté cette « belle retraite du maréchal de Choiseul » [Mémoires, t. IV, p. 163-171).
2. « Un pigeonnier, sur une pointe de rocher », dit Saint- Simon, p. 218.
3. Gazette, p. 318, 327 et 335; Gazette d'Amsterdam, n"' Lxxv-Lxxxu; Histoire militaire, p. 325-328; Dépôt de la guerre, vol. 1409. Le commandant était un capitaine de grenadiers du nom de Darcy.