C'est-à-dire à Louvois
f, MÉMOIRES DE S.UNT-HILAIRE. [1680-1681
de Metz, Toul et Vei tliin, qui avoiont été autrefois de petits souverains, pour agrandir les princes des maisons dont ils étoient issus ou afin d'en favoriser d'autres, leur avoient aliéné une partie de leurs domaines, ou les avoient affranchis de la foi et hommage qu'ils leur dévoient pour leurs États ou portions d'iceux : ce qu'on prétendoit qu'ils n'avoient pu faire.]
Pour procéder en cette affaire [sous quelque couleur de justice et de droit, ou plutôt pour insulter à la foiblesse des parties intéressées], le Roi fonda des chambres qu'on appela de réunion, dans les villes de Metz, de Brisach, de Besançon et de Tournay^ Les titres furent examinés, les détenteurs assignés, et, faute de comparoir, tous les délais expirés, les profits des défauts furent adjugés; et le Roi envoya ses gens, escortés de quantité de troupes, prendre possession en son nom des petites villes, bourgs et bourgades du plat pays prétendu, auxquels il donna ordre de ne commettre aucun acte d'hostilité, afin qu'on ne lui pût imputer de rupture, mais d'en chasser par d'autres voies les troupes qu'on y trouveroit en quartier, qu'on savoit ne pouvoir être qu'en petit nombre. De cette manière, le Roi se mit en possession de plusieurs petites villes, bourgs et villages dans la Flandre espagnole, de presque tout le duché de Luxembourg, de celui des Deux-Ponts, qui appartenoit au roi de Suède ^ de la
1. On ne créa en réalité qu'une seule chambre, celle de Metz; en Franche-Comté et en Flandre, ce sont les parlements, en Alsace le conseil souverain, qui furent chargés d'examiner les questions de « réunion » (Histoire de Louvois, t. III, p. 19 et suiv.).