Ci-dessus, p
3. Edouard Peter, appelé aussi Spencer (1631-1677), entra au noviciat des jésuites en 1652, fut recteur du collège de Canterbury, vice-provincial d'Angleterre et confesseur de Jacques II en 1686. Celui-ci le nomma secrétaire du cabinet le 6 novembre 1687, malgré l'opposition des catholiques anglais eux-mêmes, qui se rendaient compte du mauvais effet que cette nomination allait produire. Passé en France en 1688, il devint supérieur du collège de Saint-Omer. Le P. Sommervogel [Bibliographie de la Compagnie de Jésus) a donné les titres de quelques-uns des nombreux pamphlets qui parurent contre lui.
4. Dans le courant de 1687, plusieurs églises catholiques furent ouvertes dans Londres, malgré la loi qui interdisait l'exercice de la religion romaine; des carmes, des franciscains et des bénédictins s'établirent dans plusieurs endroits de la
Londres' et envoya un ambassadeur à Rome prêter obédience*.
Mais ce ne fut pas tout encore : il se substitua des gens qui lui étoient entièrement dévoués dans la direction des affaires de la religion anglicane, dont les rois d'Angleterre se sont établis chefs depuis son commencement, espérant venir à bout, par ce moyen, d'abolir les lois pénales et le serment du test^ : ce qui ne se pouvoit faire, suivant les lois du royaume, que par la tenue d'un Parlement (|ui y donnât son consentement. Le roi d'Angleterre fit sonder les provinces là-dessus et briguer des députés dont il pût être assuré, et, trouvant dans tous les esprits des difficultés et des oppositions insurmontables, il n'osa convoquer de Parlement, et résolut de tout entreprendre de sa pleine puissance. Il mit donc deux armées sur pied, une de terre, et l'autre de mer, qu'il pourvut autant qu'il lui
capitale, et les jésuites ouvrirent une vaste école dans le quartier de la Savoie.
1. L'abbé Ferdinand d'Adda, envoyé de Rome avec les pouvoirs de nonce en septembre 1686, était incognito en Angleterre depuis cette époque. En mai 1687, le primat d'Irlande le sacra évêque d'Amasie, et il fut présenté officiellement au Roi à Windsor le 6 juillet.
2. Le comte de Castlemaine avait été envoyé à Rome à la fin de 1686, non pour prêter obédience, comme le dit notre auteur d'après les pamphlets anglicans, mais pour renouer les relations diplomatiques avec le saint-siège; néanmoins, le choix de ce mari de la duchesse de Cleveland, ancienne maîtresse de Charles II, avait été trouvé quelque peu ridicule.
3. On appelait ainsi le serment imposé par le parlement anglais en 1673 à tous ceux qui devaient exercer des emplois publics : ils devaient déclarer par écrit qu'ils ne croyaient pas à la présence réelle et qu'ils réprouvaient le culte de la Vierge et des saints. Le test n'a été aboli qu'en 1828.
fut possible d'officiers et de soldats catholiques \ et, pour s'assurer encore mieux du dedans et du dehors, il fit demander aux États-Généraux des Provinces- Unies, desquels il se défioit, six régiments anglois qu'ils avoient depuis longtemps à leur service. Il n'en tira pas une grande utilité; car le prince d'Orange trouva moyen d'en retenir en Hollande beaucoup d'officiers et de soldats, et de dissiper les autres, de sorte qu'il en repassa peu en Angleterre-.
Ces armées étant rassemblées, le roi Jacques entreprit d'y faire dire publiquement la messe, quoique le nombre des catholiques y fût très petit, et de convertir les autres. Il \int, dans cette intention, visiter son armée navale, et, ayant fait assembler tous les officiers, il leur demanda leurs commissions, sous prétexte d'examiner si elles étoient expédiées dans les formes ordinaires; ensuite, il les exhorta vivement à changer de religion, leur remontrant l'obéissance qu'ils lui dévoient, et qu'il y avoit plus d'entêtement que de raison à suivre celle qu'ils professoient. La conclusion du discours fut qu'il ne leur donnoit que vingt-quatre heures pour y aviser. Ces officiers, étrangement surpris, répondirent unanimement que, quelque attachement qu'ils eussent à son service, ils ne se sentoient pas capables de trahir leur conscience. Après cela, le roi visita ses vaisseaux et s'en retourna à terre. Il apprit le lendemain qu'il y avoit un grand murmure sur la flotte, et que les officiers se résoudroient à tout évé-
1. Dans l'été de 1687, Jacques réunit à Hounslow-Heath une armée de douze bataillons et de trente-cinq escadrons, qui passa bientôt pour la mieux exercée de toute l'Europe.