‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 58 sur 210 · Jean-Georges III · texte numérisé non relu

Jean-Georges III

Rheinfclden, afin d'obliger Monseigneur à une diversion et lui donner jalousie du côté des Suisses, qui, pour mieux se faire valoir, sembloient incliner pour le parti des confédérés : ce qui détermina Monseigneur d'envoyer le marquis d'HuxellesversHuningue, avec sept à huit mille hommes. Cependant il se tint avec l'armée aux environs de Landau, qui n'étoit pas encore fortifié, étant dans l'incertitude si les ennemis passeroient le Rhin au-dessous de Philipsbourg et viendroient assiéger cette place, ou s'ils remonteroient le long de ce fleuve. Dès qu'il sut qu'ils prenoient ce dernier parti, il décampa de Landau, vint passer le Rhin au Fort-Louis ' , et, s'étendant au delà, il se mit en posture de barrer le pays à l'ennemi et de le combattre au moindre jour qu'il en trouveroit.

Les deux armées furent pendant quelque temps si près l'une de l'autre, qu'on attendoit à tous moments des nouvelles d'une grande action; mais, de la manière qu'elles se postèrent toujours, elles ne purent rien entreprendre de toute la campagne, et se retirèrent à la fin sans avoir rien fait que se surveiller et chicaner le terrain. Ainsi toutes les espérances que les confédérés avoient conçues de ce côté-là s'en allèrent en fumée.

Campagne de Flandres. — La campagne fut plus vive en Flandres, et, avant qu'elle commençât, il se passa une petite action où les François eurent du dessous. Les Espagnols, aidés de quelques troupes hollandoises qui avoient hiverné dans leurs places, voulurent empêcher leur pays de contribuer, et, pour cela,

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