A l'est de Fleurus
2 Saint-Amand-la-Chaussée, au nord de Fleurus.
3 Jean-Christophe, comte de Gournay, capitaine de cavalerie en 1652, avait eu le grade de maréchal de camp en 1678 et celui de lieutenant général en août 1688; il va être tué dans la présente bataille de Fleurus (ci-après, p. 135).
qu'elle couvrît aussi les ponts de la Sambre et les bagages de l'armée, qui y étoient sous la garde du corps de réserve. Se mettant ensuite à la tête de l'armée, il la fît marcher un peu en arrière, à colonne renversée, pour lui faire passer le ruisseau de Fleurus sur des ponts qu'il fit faire hors de la portée de l'ennemi, près du château de Saint-Martin ^ Quand on eut passé le ruisseau, M. de Luxembourg se mit à chanter un air de l'opéra, qui commence par ce vers :
Sangaride, ce jour est un grand jour pour vous^;
et, ayant pris ses deux ailes de cavalerie, au lieu de les mener sur une grande campagne élevée qui se présentoit, pour arriver sur le front de l'ennemi, il les fit couler hors de sa vue tout le long d'un fond qui se rencontra, et, par ce moyen, il arriva dans ses derrières sans être aperçu, jusqu'à ce qu'il parvint contre la censé de Ghassard ^ , où il se mit en bataille, y appuyant sa droite. Pendant ce temps-là, l'infanterie passoit le ruisseau et s'avançoit sur le flanc des ennemis pour joindre M. de Luxembourg par sa droite, et s'étendoit aussi de gauche pour joindre M. de Gournay, qui traversa alors le ruisseau de Fleurus, mais qui étoit encore séparé de l'infanterie par celui de Saint-Amand.
M. de Waldeck, général des HoUandois, eut alors beau jeu; car il n'avoit qu'à faire charger M. de Gournay, qui, se trouvant séparé du reste de l'armée, ne