Village sur le bord de la Sambre, au sud de Fleurus
4. Il y a dans le volume Guerre 939 un mémoire intitulé : « Raisons qui ont empêché M. de Luxembourg de faire aucun siège après la bataille de Fleurus. »
du plat pays, les ennemis s'occupoient à réparer leur perte et avoicnt déjà recueilli la plupart de leurs prisonniers, qui s'étoient sauvés par le peu de soin qu'on avoit pris de les garder *. Ils réclamèrent ce qui en rcstoit, et qu'on ne put s'empêcher de leur rendre moyennant la rançon stipulée par le cartel. M. de Waldeck remit promptement sur pied une nouvelle artillerie; il fit venir des armes des places des Hollandois les plus proches, et en tira de nouveaux bataillons, qui remplacèrent ceux qui avoient le plus souffert à la bataille de Fleurus. Les États-Généraux envoyèrent exprès sur exprès à l'électeur de Brandebourg, à celui de Cologne et à l'évêque de Munster, pour les prier de faire passer promptement leurs troupes en Flandres pour y joindre l'armée hollandoise, au lieu que, suivant le premier projet, elles dévoient agir vers la Moselle et y composer, avec les Palatins et les Hessois, une armée de plus de trente mille hommes, que le marquis de Boufflers devoit observer avec la sienne; mais, suivant la lenteur ordinaire des Allemands, toujours funeste à leur parti, elles se mirent si tard en campagne, que les troupes de M. de Boufflers eurent le temps de contribuer au gain de la bataille de Fleurus : ce qui changea absolument les premières dispositions des ennemis, et les contraignit de courir au plus pressé. Sans cette précaution, les Pays-Bas espagnols auroient couru grand risque. Ainsi les Brandebourgeois, les Colognois, les Liégeois et les Miinstériens vinrent en Flandres, et, environ six semaines après la journée de Fleurus, l'armée ennemie se trouva plus
1. Plusieurs lettres de Luxembourg du volume 942 signalent de nombreuses évasions de prisonniers.
forte que celle de France, quoique celle du marquis de Boufflers l'eût rejointe après avoir observé du pays de Luxembourg les troupes de Brandebourg et les autres qui vinrent d'Allemagne en Flandres, et que le maréchal d'Humières, qui gardoit les lignes d'Espierres* avec un petit corps d'armée, eût encore envoyé la plus grande partie de ses troupes à M. de Luxembourg.
Après ces jonctions, qui se tirent le 5 ou le 6 août au camp de Hon-, entre la Sambre et la Haine, l'armée vint camper à Quiévrain [et Hensies^], où elle séjourna quatorze ou quinze jours ; elle passa ensuite la Haine et vint à Perwez''. On crut alors qu'il pourroit bien y avoir une seconde action ; car les ennemis partirent des environs de Bruxelles, [où ils s'étoient toujours tenus depuis la bataille, et firent deux marches en avant,] si bien qu'ils n'étoient qu'à trois lieues de notre armée ; mais on connut bientôt qu'ils n'avoient d'autre envie que de couvrir leur pays le reste de la campagne, et M. de Luxembourg ne chercha plus qu'à les harceler et à faire subsister son armée à leurs dépens. Quant à M. de Boufflers, il partit en poste du camp de Perwez pour se rendre à Metz, sur les avis (ju'on reçut que les Palatins et les Hes§ois assembloient un corps de troupes sur les frontières du Luxem-