Sur la Moy, au nord d'Armagh
3. Dans le courant d'avril 1690, six cents réfugiés protestants français essayèrent d'enlever la place par surprise ; mais ils ne purent réussir (vol. Guerre 961, n°* 109 et 110).
4. M. de la Hoguette écrivait le 23 mai (vol. Guerre 961, n" 141) : « L'extrême nécessité où étoit la garnison de Charleraont obligea le roi, il y a trois semaines, d'envoyer un colonel
II u
162 MÉMOIRES m SAINT-lIILAIRE. [1690
<^èrent plus promptement à se rendre à discrétion ^ ^ Ce général prit aussi la ville de Cavan», où les Irlandois avoit un gros magasin de toutes sortes de provisions; et, comme il falloit attaquer le fort, le duc de Berwick y arriva avec grand nombre de troupes, et les Anglois se contentèrent de brûler la ville et les magasins qui étoient pour la subsistance de l'armée irlandoise. Pendant la campagne, le roi Jacques perdit encore le château de Ballingarwick^ et les Anglois s'élargirent facilement, parce que leur général entendoit bien la guerre.
Combat de la Boyne\ — Le prince d'Orange, ayant
(le colonel Magmaham, dit une lettre de M. de Lauzun, n° 140, sans doute Mac-Mahon), avec cinq cents hommes pour leur porter quelques farines. Ce secours y entra sans échec; mais le colonel qui commandoit ce secours, au lieu de n'être occupé que de l'envie de ressortir avec son monde, ayant vu en passant un quartier des ennemis, se mit en tête de l'enlever en repassant, et en effet le vint attaquer et le battit; mais, comme cela donna l'alarme aux autres quartiers, on lui tomba sur le corps de tous côtés, et on l'obligea de se retirer dans le fort, que les ennemis resserrèrent encore de plus près, jugeant bien que cette augmentation de monde dans la place précipiteroit leur disette. 11 y a plus de deux mois que cette garnison ne mange de pain, pas même le gouverneur, et qu'ils ne vivent que d'une chopine de farine d'avoine qu'on donne par solda , laquelle ils trempent dans de l'eau. La dernière viande qu ils ont mangée a été celle des chevaux qui avoient porte les farmes que ce dernier secours y avoit jetées. >> Voyez aussi une lettre de M. de Lozières d'Astier du 10 juin {n° 153).
1 La place capitula le 24 mai ; la garnison put se retirer avec armes ef bagages (vol. Guerre 961, n«^ 141, 143, 147 et 153).
2. Capitale du comté du même nom, dans le sud de la province d'Ulster.
3 Dans la province de Connaught.
4. Sur cette bataille qui décida du trône de Jacques II, on peut
trouvé ses affaires en bon état, ramassa toutes ses troupes, qui montoient à cinquante-deux bataillons, soixante et quatre escadrons, et une bonne artillerie, et il résolut, afin de décider la querelle par le sort d'une bataille, de marcher droit au roi Jacques, qui n'avoit pas de moindres forces, et lattendoit derrière la rivière de Boyne, [qu'il avoit devant lui, et la ville de Drogheda à sa droite]. Le prince d'Orange arriva le 10 juillet vis-à-vis du camp du roi Jacques, et alla aussitôt reconnoître les passages et les gués de cette rivière, qu'il trouva bien retranchés, et soutenus de toute l'armée, qui se tenoit en bataille sur une hauteur voisine. Le prince, en reconnoissant toutes ces choses, fut un peu blessé à l'épaule d'un coup de canon [qui lui effleura la peau]. Cet accident, ni les difficultés qui se rencontroient à passer la rivière, ne l'empêchèrent pas d'y disposer son armée pour le lendemain. Dès le même soir, il envoya son aile droite de cavalerie, une brigade d'hifanterie et six pièces de canon, sous le commandement du comte Maynai^d de Schônberg', remonter la rivière jusques à une lieue au-dessus des
consulter les documents des volumes Guerre 961-963, et notamment, dans le volume 961, les lettres de MM. de la Hoguette (n"^ 152 et 176), de Boisseleau à sa femme (n" 177), de Girardin, de Zurlauben, d'Esgrigny, de Brouilly (n»» 178-181), et celle de M. de Lauzun au ministre Pontchartrain (vol. 963, n" 64); la Gazette, p. 391-392 et 400-401, l'Histoire militaire', t. II, p. 339-340, l'Histoire de Louvois, t. IV, p. 422-424, et RIacaulay, Guillaume III, t. II, p. 120-127.
1. Fils aîné du maréchal de Schônberg, il avait déjà le grade de brigadier lorsqu'il quitta la France en 1685 à la suite de son père; Guillaume III lui donna le duché de Leinster et diverses baronnies en Irlande, et il épousa en 1696 une fille naturelle de l'Électeur palatin.
deux camps, pour la passer le lendemain au point du iour à un gué qu'il y avoit, et prendre l'armée du roi Jacques en flanc, tandis qu'il attaqueroit ceux du Iront et tenteroitle passage. Il ordonna au comte de ne pomt trop avancer, et de se régler sur les ordres qu'il lui enverroit d'un moment à l'autre. 11^ trouva huit escadrons irlandois de l'autre côté du gué, qu'il en écarta dès le point du jour par le feu de son canon et de son infanterie; puis il [se jeta à l'eau à la tête de ses troupes et] mit en déroute les huit escadrons, qui se retirèrent à leur armée et y portèrent l'épouvante.
Cependant le prince d'Orange avoit fait avancer le reste de son armée sur le bord de la rivière et y posta son infanterie et son artillerie; elles faisoient un feu terrible sur ceux qui défendoient les passages. Les voyant ébranlés et mal soutenus, le prince, d'un côté, et le maréchal de Schbnberg, de l'autre, se jetèrent dans la rivière à la tête des troupes. L'infanterie faisoit toujours le plus grand feu, quoiqu'elle eût de l'eau au-dessus de la ceinture. Le maréchal de Schonbero reçut deux coups de sabre sur la tête [en une charge qui lui fut faite dans le gué], puis un coup de pistolet au travers de la gorge, dont il mourut sur-lechamp. Les Irlandois, voyant leurs ennemis dans la rivière, commencèrent à perdre terrain et prirent la fuite ; le reste de l'armée, au lieu de s'avancer sur cette rivière pour les raffermir et pour combattre, s'épouvanta si fort de voir les Anglois maîtres des passages et se former en deçà, que les Irlandois jetèrent leurs armes et continuèrent leur fuite. Les François se retirèrent mal, et toute cette armée disparut en un ins-