Saint-Hilaire dit Hormstatt; il faut lire Hamraerstadt
Combat de Rumersheim, donné le 26 août entre le comte du Bourg et Mercy. — L'action fut plus tôt engagée qu'il ne croyoit, et deux bataillons, soutenus de quelque cavalerie, qu'il envoya pour s'emparer d'un poste, dont il avoit connu trop tard l'importance, furent chargés et battus fort brusquement par les François. Il arriva encore, dans ce prélude, qu'un de nos régiments, commandé pour remplir un vide, fut chargé par cinq escadrons impériaux et en soutint fort valeureusement la charge. Après cela, on combattit en ligne : les François, qui eurent ordre de charger l'épée à la main et la baïonnette au bout du fusil sans tirer, renversèrent et mirent les Impériaux en fuite. Cette action, qui fut décidée en une demi-heure à l'avantage du comte du Bourg ^, coûta aux Allemands douze drapeaux, deux étendards, une paire de timbales et leur artillerie, avec les équipages du général des Impériaux et sa cassette qui fut envoyée à la cour. Il s'y trouva plusieurs papiers d'importance, par lesquels on apprit que le projet des ennemis avoit été de se faire une communication avec M. le duc de Savoie, qui s'étoit avancé jusqu'à Annecy^; [j'en parlerai plus au long ci-après, j
petit village au nord de Rumersheim, et situé également sur la route de Brisach à Huningue et Bâle.
1. Ce combat, peu important par les effectifs engagés, mais qui eut en réalité de grandes conséquences, est raconté d'une façon pittoresque dans les Mémoires de Sourches, t. XII, p. 46-50; les lettres de du Bourg sont dans le?, Mémoires militaires, t. IX, p. 250-261, et il y a aussi des relations dans la Gazette, p. 430-432, et dans le Mercure d'août, p. 412-417, et de septembre, p. 187-209.
2. En réalité, le projet des Impériaux était de gagner la Franche-Comté, où ils avaient des intelligences, et de fomen-
Le pont par où les Impériaux voulurent regagner l'autre côté du Rhin s'étant rompu, il y périt encore beaucoup de cavaliers qui se noyèrent, et les débris du détachement eurent beaucoup de peine à repasser avec le comte de Mercy et à se retirer d'affaire par le même chemin qu'ils étoient venus.
L'électeur de Hanovre, voyant son projet manqué, se retira dans ses lignes d'Ettlingen. Le comte du Bourg fut récompensé du collier de l'Ordre^, et le comte d'Anlezy, maréchal de camp^, qui s'étoit signalé en cette action et en porta la nouvelle au Roi, fut fait commandeur de l'ordre de saint Louis ^. [Je ne vois pas qu'il se soit plus rien passé de considérable sur le Rhin pendant cette campagne.]
Campagne de Dauphiné, i709. — Le duc de Savoie étoit si mécontent de la cour de Vienne qu'il ne se pressoit pas du tout de se mettre en campagne, lorsque la reine d'Angleterre intervint, et fut cause du projet qui se fit, de lui faire passer des troupes impériales de l'armée d'Allemagne, au moyen desquelles on prétendoit le mettre assez en force et causer une si puissante diversion qu'il seroit en état de pénétrer
ter une révolte dans cette province, naguère espagnole, et où il y avait encore beaucoup de mécontents. Les papiers trouvés dans la cassette de Mercy firent découvrir qu'une conspiration s'y préparait; il y eut des arrestations, des procédures et quelques exécutions. Voyez les Mémoires de Saint-Simon, t. XVIII, p. 169-173.