François-Egon de la Tour : ci-dessus, p
4. Les Mémoires de Saint-Simon, t. XX, p. 12 et suiv., racontent cette évasion.
fils d'un souverain*. Aussitôt, cette lettre fut déiérée au Parlement, qui donna arrêt et décréta contre la personne du cardinal^ et celle du P. de Monthiers, jésuite^, qui l'accompagnoit, et du chevalier de Serte, son gentilhomme^. Le Parlement eut aussi ordre de pourvoir à la régie de ses biens et revenus, et le cardinal de la Trémoïlle^, qui étoit ambassadeur à Rome, en reçut un autre de ne le considérer, s'il y arrivoit, que comme un homme livré aux ennemis et un sujet rebelle [se glorifiant de son crime]. Ensuite, il s'en alla à Tournay, et de là en Hollande, où il fit quelque séjour, puis je crois qu'il passa à Rome, où il mourut quelque temps après ^.
Louis XV, à présent régnant, naquit à Versailles le 15 février de cette année 1710'''.
1. Saint-Simon (t. XX, p. 14-16) a donné le texte de cette lettre et l'a ensuite longuement commentée et réfutée.
2. A cause de l'immunité que la cour de Rome prétendait pour les cardinaux, il n'y eut pas en réalité d'arrêt rendu contre lui ; la saisie de ses revenus et de son temporel ne fut qu'une mesure administrative.
3. Le P. Charles de Monthiers (1654-1729) avait été missionnaire à Constantinople avant de s'attacher au cardinal.
4. Charles de Serte appartenait depuis sa jeunesse à la maison du cardinal de Bouillon.
5. Joseph-Emmanuel de la TrémoïUe (1658-1720), d'abord auditeur de rote, était cardinal depuis 1706 et avait alors remplacé à Rome le cardinal de Janson comme chargé des affaires de France.
6. Il mourut en février 1715. Les suites de l'évasion du cardinal et ses dernières années ont été racontées par M. A. de Boislisle dans la Revue des questions historiques en 1909.
7. Dangeau, p. 101-102; Sourches, p. 155; Mercure de février, p. 203-207.
Morts célèbres. — Entre les personnages de grande naissance et de beaucoup de mérite qui moururent en France cette année, le premier que je nommerai est Louis III, duc de Bourbon, petit-fils du grand Gondé, au commencement de cette année, dans un âge peu avancé. C'étoit un prince plein d'esprit et de courage, qui promettoit beaucoup'.
Le second, le maréchal de Joyeuse^, qui laissa le gouvernement de Metz et du pays messin au maréchal de Villars^; puis Charles-Maurice Le Tellier, duc et pair, archevêque de Reims ^, [qui paya aussi le tribut à la nature.] Ce prélat avoit l'humeur brusque et hautaine du marquis de Louvois, son frère; mais, en récompense, il étoit fort savant, gouverna paisiblement son diocèse, quoiqu'ennemi des jésuites, et y fut fort regretté^.
A ces morts illustres, je joindrai celle de M""* de la Vallière^, qui avoit renoncé volontairement aux hon-
1. Le duc de Bourbon mourut le mardi gras 4 mars d'une attaque d'apoplexie. Saint-Simon, qui lui reconnaît de l'esprit, de la politesse « quand il vouloit », de la valeur et de l'intelligence à la guerre, a fait une peinture terrible de sa « férocité » : « une meule toujours en l'air », dit-il, « un naturel farouche », un caractère enragé qui le rendit « terrible comme ces animaux qui ne semblent nés que pour dévorer » [Mémoires, t. XIX, p. 50 et suiv.).