Bourg avec une abbaye en ruines, au sud de Welzheim
2. Ce général appartenait à une famille de Thuringe; son fils et son petit-fils devinrent feld-raaréchaux au service de l'Autriche.
3. Jacques Radier, marquis de Verseilles, était mestre de camp de cavalerie depuis 1704; il devint brigadier en 1709, maréchal de camp en 1719, lieutenant général en 1734 et mourut en juin 1737.
quelques houssards des ennemis en deçà de leur retranchement; il les poussa jusqu'au pied de l'abbaye de Lorch où il étoit, et leur prit quelque monde, à l'aide des dragons qui le joignirent.
Le maréchal de Villars fait ses dispositions pour faire attaquer le général Jahnus qui gardoit le défilé de Lorch avec deux mille hommes, le déposte, lui tue quelque monde, le fait prisonnier avec cinq ou six cents hommes de ses troupes. — Le maréchal, étant arrivé sur ces entrefaites, trouva le poste de Jahnus très bon et difficile à emporter ; cependant il ne laissa pas de faire ses dispositions pour l'attaquer^. Saint-Frémond conduisoit deux escadrons de dragons, suivis par la brigade de Navarre, et celle de Saint-Pouange-cavalerie^ ; il eut ordre de marcher aux ennemis par les hauteurs de la droite, et que, s'il les voyoit s'ébranler à l'approche des drapeaux, il les poussât avec les dragons et la cavalerie, sans attendre l'infanterie. Le marquis de la Châtre^ prit les autres brigades, qu'il fit marcher par les hauteurs de la gauche, et dix pièces de notre canon s'avancèrent, pour battre le milieu de la gorge; elles firent tant de feu qu'elles imposèrent silence à celtii des ennemis, qui avoit tiré jusque-là.
Le général Jahnus, se voyant ainsi presque enveloppé et tourné par ses flancs, prit le parti de se retirer; mais ce ne fut pas sans beaucoup de perte; car son infanterie, qui faisoit l'arrière-garde, fut fort entamée,
1. Voyez le récit des Mémoires militaires, t. VII, p. 216-218.
2. Ce régiraent, levé en 1647 en Catalogne, était commandé depuis 1696 par François-Gilbert Colbert, marquis de Saint- Pouange; il devint plus tard Royal-Navarre.
3. Louis, marquis de la Châtre, était lieutenant général depuis 1704.
et une partie passée au fil de l'épée, et le général Jahnus, qui s'y trouva, fut fait prisonnier avec une trentaine d'officiers et six cents soldats.
Le maréchal vient camper à Gmilnd, ville impériale, avec toute l'armée, et s' en saisit. — Après cette défaite, le maréchal fit camper ses troupes à Lorch, et, ayant appris que le détachement du marquis d'Hautefort et ceux qui avoient été faire contribuer en Souabe et en Franconie avoient rejoint le reste de l'armée, qui étoit demeurée campée à Schorndorf, il leur envoya ordre d'en décamper, avec toutes les troupes, excepté ce qu'il en falloit pour la garde dudit Schorndorf, et de le venir joindre à Gmiind en Souabe, où il vint le lendemain du jour de cette affaire. Verseilles marcha devant lui avec quatre cents chevaux et deux cents fusiliers; il trouva une garde des ennemis en deçà de Gmiind, qu'il chargea, et en enleva une partie. Le maréchal, qui suivoit de près, arriva devant la ville, et trouva les magistrats qui venoient au-devant de lui avec les clefs. Cette ville impériale est assez grande et fermée seulement d'une simple muraille sèche, flanquée de quelques tours.
L'armée de France va camper au delà de Gmiind à une portée de canon de celle des ennemis, — Il apprit en cet endroit que les Impériaux étoient campés à Iggingen*, à une lieue de cette ville, dont il fit le tour, et, ayant trouvé au delà une grande plaine, il ordonna qu'on y marquât le camp, qui se trouva à une portée de canon de celui des ennemis.
Le maréchal va les reconnaître et les veut attaquer le lendemain; il devoit être joint par son infanterie. —