‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 153 sur 175 · Vol. Guerre 2083, n · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 2083, n

sur eux pour empêcher les accidents ; c'est tout ce que je puis avoir l'honneur de vous représenter sur cet article.

Vous aurez su, sans doute, que j'ai rejoint l'armée il y a trois jours avec tout le gros attirail que j'ai préparé à Douay et dont je vous ai rendu compte. Je vous puis assurer qu'il est très inutile ici dans la conjoncture présente et qu'il est impossible de le charrier dans les chemins de traverse que l'on prémédite de tenir, sans courir risque de le perdre et de le laisser embourbé à la première pluie, quand même il seroit attelé avec de nos chevaux d'artillerie, dont la quantité n'est pas suffisante pour l'attirail de campagne, cent fois plus nécessaire que ce gros ici, auquel j'ai employé toute mon industrie pour le faire mener avec des chevaux de paysans, qui commencent d'aujourd'hui à nous déserter. Ainsi je puis dire que cet attirail est une machine dont les ressorts sont h bout dès que l'on quittera la grande chaussée.

Mgr le duc de Bourgogne m'avoit ordonné de le renvoyer à Douay dès le premier jour qu'il arriva au camp ; du depuis il a sursis, et je crois qu'il en a écrit à Sa Majesté par le courrier qu'il dépêcha hier après midi. Les choses paroissent de jour à autre plus périlleuses pour le secours de Lille et le deviendront de plus en plus. Le seul jour pour y réussir étoit celui que l'armée arriva sur la Marque ; mais il falloit la faire partir plus matin du camp d'Orchies et suivre un projet fixe et prémédité mûrement. Je crains fort qu'il n'en soit plus temps et que, si on le tente, on ne joue le plus gros jeu du monde, et même cent contre un. Il ne m'appartient pas d'en dire davantage, et je me renferme à remplir mes devoirs du mieux qu'il me sera possible, lorsque l'occasion s'en présentera.

J'ai l'honneur, etc.

Sainct-Hilaire.

Snint-Hilaire au ministre de la Guerre^.

Au camp sousTournay, le 20 septembre 1708. Monseigneur,

Avant-hier, avant que je partisse de Douay pour rejoindre cette armécf je reçus ordre de Mgr le duc de Bourgogne d'envoyer à Mons, aux ordres de M. le comte de Bergeyck, douze pièces de 24 et les attirails en conséquence, avec les officiers et détachements de nos bataillons nécessaires. J'envoie M. de Pressons pour les commander et je suis persuadé qu'il s'en acquittera bien. M. de Bernières a fait commander tous les chevaux de trait et les chariots nécessaires pour le transport de cet attirail, et, dès qu'ils seront assemblés audit Douav, il en partira pour Mons. Je ne crois pas que ce puisse être avant samedi prochain 22.

J'ai l'honneur, etc.

Sainct-Hilaire.

Saint-Hilaire au ministre de la Guerre^.

Au camp du Saussois, le 26 septembre 1708. Monseigneur,

Mgr le duc de Bourgogne ayant jugé, par le vilain temps qu'il fait en ce pays-ci depuis quelques jours, qu'il sera de durée et que les chemins deviendront très mauvais pour notre artillerie, et que, cela étant, nous ne pourrions pas facilement retirer les dix pièces de 12 et de 8 que vous m'avez ordonné d'envoyer au camp d'Audenarde, il vient de m'ordonner de les faire revenir à Tournay et d'envoyer à leur place la brigade légère qui esta Berchem.

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