Vol. Guerre 2151, n
Je viens à l'expédient. Nous avons dans nos magasins en Flandres une quantité de cuivre jaune et rouge propre à faire des liards, je crois jusqu'à cent cinquante mille livres; pour celui de la première espèce, il faudroit une déclaration de Sa Majesté pour y donner cours. Nous avons en Flandres un fondeur nommé Desfalizes, très habile, avec ses ouvriers pour les fabriquer, et il se munira de tous les ustensiles nécessaires. Je me fais fort de le faire travailler dès le commencement du mois prochain, si l'on veut statuer là-dessus prompteraent; cela, Monseigneur, parce que je sais que toutes les monnoies sont occupées depuis longtemps. Je vous assure que tout ceci s'exécutera avec toute sorte de fidélité et de soin, quoique je demande à faire agir sur cela militairement par rapport à nos besoins pressants; car, si Messieurs de la Monnoie s'en mêloient, cela tireroit trop en longueur, et rien ne se pourroit faire à temps; le mal est trop grand; il lui faut un prompt remède. Si on le juge à propos, ils pourroient envoyer un homme de leur part pour veiller à ce qui se passera.
J'ai eu l'honneur de vous entretenir là-dessus, et vous m'avez promis que cette monnoie seroit uniquement employée pour les besoins de l'artillerie; j'ai même eu l'honneur d'en parler à Sa Majesté, qui m'a paru goûter ma proposition. J'attends que vous me ferez la grâce de me faire une prompte réponse là-dessus et l'honneur de me croire, etc.
Sainct-Hilaire.
Saint-Hilaire au Contrôleur général des finances^.
A Douay, ce 13 juillet 1709.
Monseigneur,
Avant mon départ de Paris, j'ai eu l'honneur de propo-