Arch. nat., carton G
ser à Sa Majesté et h M. Voysin de faire dans la fonderie de Douay une fabrique de liards des cuivres rouges et jaunes que nous pouvons fournir, afin de pouvoir payer nos dettes pour le service de Sa Majesté et satisfaire aux petits approvisionnements absolument nécessaires, en rétablissant notre crédit entièrement perdu par le manque d'argent, ce qui vous soulageroit encore de fournir à nos besoins pressants d'ici à quelque temps. Je prends la liberté de mettre dans ce paquet des échantillons de cuivre jaune que nous avons ici, afin que vous puissiez le faire voir à Messieurs de la Monnoie de Paris, si vous le jugez à propos. Je n'envoie point d'échantillons de cuivre rouge, parce que nous n'en avons point en cette ville et qu'il est à Arras et au Quesnoy. L'épaisseur est égale au jaune. Si cette proposition vous agrée, Monseigneur, ayez, s'il vous plaît, la bonté de nous envoyer promptement tels officiers, ouvriers et instruments de monnoie que vous estimerez nécessaires. Je leur fournirai toutes les matières et commodités nécessaires, même des voitures pour amener les instruments de monnoie de Paris en cette ville, et ils seront absolument les maîtres de la fonderie sous vos ordres, ne prétendant disposer de rien que sous votre bon plaisir. Je vous donnerai seulement encore à remarquer que nos besoins pour le bien du service sont très pressants et que mon industrie est tout à fait à bout. Il n'y aura point de temps à perdre si la proposition agrée.
J'ai l'honneur, etc.
Sainct-Hilaire.
Le Contrôleur sénèral demanda l'avis de MM. Hosdier et Delafonsy directeurs de la Monnoie. Ceux-ci lui répondirent :
« Avant toutes choses, il semble qu'il faudroit qu'il mandât combien il peut y avoir de matières de cuivre, soit à Douav, soit au Quesnoy, soit à Arras. Il faut deux tiers de cuivre rouge avec un tiers de jaune pour
faire des llards. Y en a-t-il assez de rouge à Arras et au Quesnoy pour faire cette proportion? Sur cette quantité plus grande ou moindre, on auroit à prendre son parti pour savoir s'il y auroit de l'avantage à faire cette fabrication qui ne peut être que très lente et d'un fort petit rapport, pendant que par là on courroit risque de dégarnir l'artillerie, qui perpétuellement a besoin de ces sortes de matières. La dépense pour l'établissement ne laisseroit pas d'être de quelque considération. Cela ne se pourroit mettre en mouvement à moins de quinze ou vingt mille livres de construction, d'outils et d'autres instruments à mettre en place pour un moulin et le reste. Un balancier pourroit par jour faire vingt mille pièces, qui vaudroient deux cent cinquante livres, et sur ce pied on ne pourroit fabriquer en toute une année que pour quarante mille livres desdits liards, ce qui paroît un très petit objet pour une telle dépense, sans compter ce qu'il en coûteroit en appointements et gages. S'il y avoit une assez grande quantité de matières pour y trouver quelque avantage, on pourroit, sans faire de dépense pour aucun balancier à Douay, y faire fondre toutes lesdites matières, les y dégrossir, les mettre en flans, et les envoyer à Paris pour y être monnoyées, attendu qu'il y a assez de petits balanciers qui ne sont point occupés et dont on se serviroit, ce qui retrancheroit cette dépense particulière à Douay. »
Le Contrôleur général écrivit en conséquence le 8 août,' on trouvera ci-après, au 16 août, la réponse de Saint- Hilaire.
Saint-Hilaire au ministre de la Guerre^.
A Douay, ce 13 juillet 1709.
Monseigneur,
Etant nécessité pour pourvoir au bien du service, en ce